Le Cercle des économistes organise ce mardi une journée de débats à Grenoble, en partenariat avec Radio France. La France, qui a certes des réussites, est à la peine sur les vaccins et n'arrive pas à faire passer ses start-ups dans la catégorie des grandes réussites numériques de taille mondiale.

"Si on prend les vaccins, c’est terrible, la France est le seul pays du conseil de sécurité des Nations-Unies à ne pas avoir inventé son vaccin."
"Si on prend les vaccins, c’est terrible, la France est le seul pays du conseil de sécurité des Nations-Unies à ne pas avoir inventé son vaccin." © Getty / Andriy Onufriyenko

Hélas, la réponse à la cette question est plutôt pessimiste.

Si on prend les vaccins, c’est terrible, la France est le seul pays du conseil de sécurité des Nations-Unies à ne pas avoir inventé son vaccin. 

Les Etats-Unis et la Chine en ont trois chacun, l’Allemagne deux, le Royaume-Uni et la Russie un, la France 0. Dans les télécoms, le déploiement de la 5G est plus tardif qu’ailleurs, et dans l'auto l’Allemagne va devenir championne européenne des batteries électriques. Notre entreprise numérique la plus connue est Doctolib, mais elle dépasse peu les frontières. 

Bref, ce n’est pas formidable. Cela n’a pas toujours été le cas : avec la technologie nucléaire, celle des TGV, l’ADSL d’Alcatel, la France a été au top. Bien sûr, dans l’aéronautique (avec Airbus), dans les logiciels professionnels (avec Dassault Systèmes), dans le cloud (avec OVH), dans la défense (avec Thalès et Dassault Aviation), dans l’automobile (avec Valéo), la technologie est de très haut niveau. Mais j'ai épuisé la liste et re-hélas, les pépites de la French Tech grossissent peu. 

Voilà ce que dit un expert cité par L’Express : 

Nos start-ups, ce sont des labradors. Ils ont le poil luisant, on les exhibe, on les cajole, on les félicite, mais ils ne courent pas vite. Or on a besoin de lévriers. 

Alors pourquoi, et que faire ? 

Je pourrais évoquer un pays qui refuse le risque et parler des OGM et du principe de précaution – mais non, il y aurait trop de mails d’auditeurs. Disons simplement qu’il y a, d’un côté, un manque de moyens et une mauvaise organisation de la recherche publique, et de l’autre côté une réticence de la recherche publique à travailler avec le secteur de la Défense et les entreprises privées -comme c’est courant aux Etats-Unis. Après tout, l’université d’Oxford est allée chercher une Big Pharma pour son vaccin, AstraZeneca, et l’allemand BioNTech est coté au Nasdaq. 

Conclusion : que la Prix Nobel de Chimie française soit partie en Allemagne devrait secouer tout le monde. En urgence. Sans attendre. Et en paniquant un peu quand même. 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter