Marine Le Pen a présenté son projet, notamment économique, ce week-end.

Oui, c’est un projet en 144 engagements présidentiels qui balayent tous les sujets : institutions, sécurité, santé, entreprises, Défense etc. Ces propositions, pour la plupart, reprennent des idées déjà sur la table en 2012 ou évoquées ces derniers mois. Mais ce qui est intéressant est qu’il y a un point masqué, un non-dit total et incroyable, sur l’économie. Ce non-dit, c’est la fin de l’euro, qui est l’arrière-pensée censée rendre tout possible, notamment redonner de la liberté, mais qui ne figure pas en toutes lettres dans le projet. La sortie de l’euro n’est envisagée qu’au 35ème point (!) sous la formule du (je cite) « rétablissement d’une monnaie nationale ». Moins de mots y sont consacrés qu’à la fin du drapeau européen sur les bâtiments publics. Et Marine Le Pen n’en a pas dit plus dans son discours de plus d’une heure à Lyon hier. C’est surprenant, parce que c’est quand même majeur, de mettre fin à un projet, l’euro, engagé il y a des dizaines d’années. L’objectif, naturellement, est de ne pas faire peur. Car les Français sont une majorité à soutenir l’euro. Bonjour la transparence.

Le projet promet aussi beaucoup de dépenses nouvelles.

Sur ce point, disons-le, il n’est pas le seul. Comme souvent, les dépenses nouvelles sont précises, en baisses d’impôts, en hausses des prestations, mais les économies sont plus floues. Le total des dépenses n’a pas été donné, mais un calcul de coin de table permet de les évaluer à 80-90 milliards d’euros -en francs difficile de savoir. Rien que le retour à la retraite à 60 ans avec 40 années de cotisations nécessaires représenterait à lui seul une grosse quinzaine de milliards chaque année. En face, des économies sur l’immigration, la fraude sociale et fiscale, l’Europe, la délinquance sont chiffrées à 60 milliards. Mais il n’y a rien de précis et une partie d’entre elles relève du fantasme. La seule économie précise porte sur la fameuse aide médicale d’État pour les sans-papiers dont l’enveloppe, quoi qu’on en pense, est inférieure à un milliard. En réalité, je ne sais pas pourquoi je vous ai parlé du volet économique de ce projet du FN, puisque c’est un projet 100 % politique.

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