Cette nuit, la bourse de New York a chuté de près de 5 % - c’est beaucoup.

Est-ce inquiétant ?

Je ne crois pas mais il faut expliquer ce qui se passe, et Tokyo a suivi ce matin le mouvement et Paris va sans doute enchaîner aujourd'hui. 

-D’abord, les marchés d’actions ont grimpé vite ces derniers mois, et ils n’ont pas vocation à monter jusqu’au ciel. 

-Ensuite, aux Etats-Unis, il y a un enchaînement économique qui est la rançon d’une bonne situation. Cela s’appelle le risque de surchauffe. Les salaires augmentent alors qu'il y a le plein emploi, et on craint une poussée d’inflation. Du coup, les banques centrales, pour maintenir les prix dans le tube de dentifrice, remontent les taux d’intérêt, et l’argent se dirige vers les obligations plutôt que vers les actions. 

-Disons les choses plus simplement. Ce mini-plongeon signale un changement d’air. C’est cela qu’il faut retenir. Nous arrivons à la fin de la période de l’argent presque gratuit. Depuis dix ans, les autorités monétaires, partout, ont inondé l’économie de liquidités pour inciter les ménages et les entreprises à investir (dans l’immobilier, dans les équipements) avec des taux d’intérêt riquiquis. Maintenant que l’économie est plus solide, il est temps de retirer les béquilles parce qu’il y a partout beaucoup (trop) d’endettement. 

Cette remontée des taux sera-t-elle rapide ? La pente est douce mais la route est assurément droite.

Au-delà, la croissance est-elle solide ?

Elle semble solide en Europe, elle est forte aux Etats-Unis mais cela fait dix ans que le pays en a – et dix ans, c’est beaucoup. La remontée des taux est d’abord le signe que l’on est sorti des risques de déflation - souvenez-vous, c’était la terreur d’il y a deux-trois ans. Mais attention, des taux qui remontent, c’est ennuyeux pour des Etats endettés et en déficit permanent comme la France. 

Alors, la croissance peut-elle être cassée par un coup de grisou boursier ? A priori, non, ce recul de Wall Street n’est pas le début d’une grande crise financière et économique. Mais il signale des petits craquements. A l’automne, un jour, ici, j’avais sorti le parapluie en disant : attention, un jour ou l’autre, çà va craquer. Histoire de pouvoir dire quand cela arrivera : je vous l’avais bien dit. Pour l’instant, nous avons quelques gouttes. C'est tout.

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