Dominique Seux revient sur la prestation du président de la République ici même, à ce micro, hier.

Cette interview a, sur la partie économique au moins, formidablement résumé à la fois les forces et les faiblesses de François Hollande. Sa force, c’est plusieurs choses que l’on a bien perçu. D’abord, son optimisme. Il est à la fois naturel chez lui et je dirais fonctionnel, liée à sa fonction - un chef de l’Etat qui étalerait ses coups de blues, ce serait une faiblesse. A condition, naturellement, de ne pas apparaître comme un ravi de la crèche ! François Hollande a eu raison de ne plus promettre, sur le chômage, ce qu’il n’est pas certain de tenir.

Autre force ?

La vraie force montrée hier, c’est une cohérence sur la ligne engagée depuis un an, dite sociale-libérale. On est d’accord avec lui, on n’est pas d’accord : mais la colonne vertébrale existe. Il a tenu sur le pacte de responsabilité, et du coup il n’y a plus depuis le 1er janvier de charges patronales de Sécu au niveau du Smic. C’est concret ! François Hollande s’engage aussi sur la loi Macron, on le voit sur le travail du dimanche. Le nombre d’ouverture des commerces par an, c’est anecdotique, mais s’il commençait à dire : on a dit 12, mais c’est négociable, arrangeons nous à 7,35, sa crédibilité en pâtirait. C’est idiot mais ce sujet est devenu le symbole de la loi Macron. Loi Macron que la droite qualifie de petit arrosoir, mais qu’elle n’a pas mise en œuvre.

Maintenant, les faiblesses révélées ou confirmées par l’interview ?

La première, évidente, c’est l’absence de résultats. Le président n’a pas pu mettre en avant un seul résultat économique positif. Le chômage ? Il grimpe. Le pouvoir d’achat ? Il recule. Les impôts et taxes ? Ils poussent comme du chiendent. La balance commerciale ? Le déficit a diminué mais c’est parce que les importations ont faibli. Les déficits ? Toujours élevés. Le manque de résultats, c’est une énorme faiblesse qui tue le langage politique et donc celui du président.

Et il y en a une autre…

Oui, une difficulté à écouter ce que ressent l’opinion : imaginer que le ras le bol fiscal des ménages moyens et aisés va cesser parce qu’il n’y a plus de nouvelles hausses fiscales est étrange. Les prélèvements restent à un niveau inédit ! Contester, comme il l’a fait, que la France a de plus mauvais résultats en termes de croissance que les autres n’est pas sérieux. Depuis 2012, le PIB a davantage progressé ailleurs qu’ici. Il y a un problème français et le nier, c’est juste perdre du temps.

Mais François Hollande a trouvé deux cartouches imprévues dans sa cartouchière…

Le pétrole est tombé à 53 dollars hier ; l’euro est passé sous les 1,20 dollar, niveau le plus bas depuis neuf ans. Cela aura de l’effet. Depuis 2012, on dit qu’il pleut souvent ; là, on a (enfin) un (petit) crachin de bonnes nouvelles.

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