En janvier, la vaccination est si avancé qu'il n'y a aucun risque de pénurie de doses. En février, le risque est plus élevé si beaucoup de plus de 75 ans manifestent leur envie d'être vaccinés.

Le défi de la production industrielle de masse de vaccins
Le défi de la production industrielle de masse de vaccins © Getty / CMB

Ces derniers jours, on parle beaucoup des choix de la politique vaccinale : qui vacciner en priorité ? En France, la stratégie initiale du gouvernement a largement été critiquée (on n’y revient pas) et il a compris la nécessité d’accélérer parce qu’un vaccin déjà injecté est plus utile qu’un vaccin qui dort dans un frigo. 

Ces derniers jours, on parle aussi beaucoup de logistique : les camions, les trajets, les -70° etc. 

Mais LA question qui préoccupe le plus les responsables publics, dans toute l’Europe, c’est celle-ci : en aura-t-on assez ? Et quand ? 

Bref, est-on menacé par la pénurie ? Et là, c’est une affaire industrielle, de production et d’usines. 

La Commission européenne a commandé plus de deux milliards de doses auprès de six industriels pour 450 millions d’habitants : sur le papier ça va. Mais la difficulté, chacun la connaît désormais, est qu’un seul vaccin est pour l’instant autorisé (Pfizer-BioNTech), avant un autre aujourd’hui (sauf surprise), celui de Moderna. 

Alors, est-on menacé de pénurie ? 

En janvier, non : les livraisons prévues permettent de vacciner un million de Français (et o,n en est loin : 7.000 vaccinations ce mercredi matin 6). En revanche, oui, il y aura un problème en février : l’annonce, hier matin par Olivier Véran, de proposer dès la fin du mois une vaccination aux plus de 75 ans qui ne sont pas en EHPADs, cette annonce change la donne. Avec les livraisons pour l'instant prévues, un million seulement de ces plus de 75 ans pourront être vaccinés. C’est la raison pour laquelle Bruxelles et les capitales négocient depuis hier avec Pfizer et BioNTech pour amplifier la production. 

C’est la raison pour laquelle Berlin et Paris cherchent à en obtenir plus que d’autres pays européens. 

C’est la raison pour laquelle tout le monde guette les vaccins suivants. Celui d’AstraZeneca mais aussi un autre dont on ne parle pas, celui de Johnson & Johnson (marque Janssen en Europe). 

Au total, permettez-moi une lapalissade : la pénurie guette d’abord les pays qui vaccinent le plus. Tirez-en la conclusion que vous voulez !  

Risque de pénurie, mais Sanofi est-il en cause ? 

C’est une fake news qui tourne en Allemagne : il n’y aurait pas assez de vaccins les plus rapides parce que la France aurait exigé que l’on commande beaucoup de vaccins Sanofi. C’est idiot : dans les six labos retenus par Bruxelles, un est français mais deux sont allemands, BioNTech (partenaire de Pfizer) et Curevac. Donc, Berlin a été bien servi. S'il y a un scandale, il est davantage européen (les Vingt-Sept n'ont pas assez misé sur les labos les plus efficaces) que français. 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter