L'édito éco de Dominique Seux, du journal « Les Echos ». ___La SNCF va devoir faire face à une concurrence à laquelle personne ne s'attend. La SNCF est une magnifique entreprise. Et en même temps, qui n'a pas râlé, au moment des départs en vacances, contre les tarifs des TGV ou le fait qu'ils sont d'une complexité digne d'une agrégation de mathématiques ? Qui ne s'est pas dit, un jour, un peu de concurrence ferait du bien ? Eh bien, cette concurrence est en train d'arriver pour le train, comme elle est arrivée pour le téléphone, puis l'électricité et le gaz. En 2006, elle a été ouverte pour le transport de marchandises mais évidemment cela n'a pas changé grand chose pour vous et moi. Plus important, c'est dans six mois, le 13 décembre précisément, qu'elle interviendra pour le transport international de voyageurs. C'est une étape préparée de longue date. Pour être concret, des trains aux couleurs de la Deutsche Bahn, les trains allemands, ou d'entreprises privées, pourront circuler sur la réseau français et arriver gare Montparnasse à Paris ou à Nice. C'est ce qui va se passer ? C'est ce qui était prévu. Mais la crise est passée par là et puis, il faut le dire, les concurrents de la SNCF ont peur de se frotter au succès du TGV. Au départ, plusieurs entreprises, la Deutsche Bahn, Air France-KLM aussi, qui était prêtes à se lancer dans les chemins de fer avec Veolia, le groupe Virgin, d'autres encore, annonçaient leur intention de partir à l'attaque. En définitive, ils ont presque tous renoncé au moment de déposer officiellement leur candidature pour ce qu'on appelle des " sillons ", des parcours. La SNCF affrontera seulement deux concurrents. Les Italiens de Trenitalia ont décidé d'" aquairir " sur un aller/retour quotidien Paris-Milan. Et une obscure société d'outre-Rhin a déposé un dossier pour un train entre l'Allemagne et les stations thermales françaises. La SNCF peut donc rouler tranquille ? Pas totalement, et parce que la concurrence va peut-être choisir la petite porte, celle que personne n'attend plutôt que la grande. Journaliste aux « Echos », Renaud Honoré révèle ce matin que les députés pourraient autoriser les compagnies de cars à se lancer sur le marché des trajets longue distance, ce qu'elles n'ont bizarrement pas vraiment le droit de faire aujourd'hui. Vous pouvez prendre un car de Paris à Amsterdam, c'est plus long que le train mais beaucoup moins cher. Mais il n'y a pas de Paris-Strasbourg connu et organisé. Les lignes d'autocars régulières tournent au niveau régional. Dès que c'est plus long, il faut des autorisations, y compris de la SNCF. Un député UMP très actif, Hervé Mariton, veut changer cela par exemple sur les lignes Nantes-Lyon ou, Lille-Strasbourg. Le gouvernement hésite et envisage à très court terme le cabotage pour voir comment cela se passe. Il pourrait autoriser un Paris-Varsovie, en Pologne, à déposer des passagers à Strasbourg. C'est une petite libéralisation. C'est intéressant, il faut savoir que les pays où les cars longue distance existent, ils transportent jusqu'à 10% des voyageurs. Mais en réalité, cela concernerait les jeunes et les liaisons pour lesquelles on trouve peu de trains et pas de billets d'avion low cost. Pour le reste, cela ne dispense pas la SNCF de mieux communiquer sur ses prix.

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