L’édito éco de Dominique Seux. Vous commentez vous aussi les résultats du référendum grec avec, bien sûr, une question : et maintenant ?

Moins de douze heures après la clôture des bureaux de vote grecs, il est périlleux de connaître les conséquences du référendum qu’Alexis Tsipras a remporté haut la main, ce qui constitue pour lui une victoire politique personnelle indiscutable. C’est d’autant plus difficile qu’il est clair que la zone euro vit là le moment le plus grave de sa jeune histoire. Avec deux scénarios : ou, pour la première fois, un Etat quittera le bateau de la monnaie unique -hypothèse plus vraisemblable ce lundi que vendredi- ; ou un compromis sera trouvé comme en est certain le gouvernement grec, comme veut le croire le gouvernement français. Mais un compromis sur quelles bases, et avec qui, au-delà des rêves ? C’est le social-démocrate allemand Sigmar Gabriel, pas un autre, qui dit dans une interview ce matin que Alexis Tsipras a coupé (je le cite) les derniers ponts entre son pays et l’Europe. Sigmar Gabriel, l’allié du PS depuis trois ans contre Angela Merkel, n’est pas un conservateur de droite. Bien évidemment, pour l’instant, c’est l’euphorie qui règne dans le camp de tous ceux qui, en Grèce et en Europe, notamment en France et en Espagne, souhaitaient la victoire du non. Il y a comme un remake, de la victoire du non au référendum de 2005. Cette euphorie, c’est le résultat d’une conviction, certains diraient d’une croyance : le référendum serait plus légitime, valable que les votes des corps représentatifs, des Parlements et des gouvernements élus des autres pays. Il y a aussi l’euphorie d’une revanche contre l’Europe technocrate, contre l’austérité, mais, surtout, contre l’Allemagne.Mais au-delà de cette euphorie, que peut-il se passer ? Pour l’instant, le gouvernement grec dénonce le chantage des Européens, mais ses banques dépendent du filet de liquidités qui coule du robinet de la Banque centrale européenne. Sagement, la BCE décidera de ne pas prendre de décision radicale, tant que les autorités politiques ne se seront pas prononcées. Mais quid dans une semaine ? Quant à elle, la France va essayer de former une coalition de pays ouverts à l’ouverture d’une nouvelle négociation, ce qui là aussi serait sage, mais il n’en restera pas moins une réalité : Angela Merkel, même si elle le voulait, n’aurait sans doute plus de majorité à son Parlement en faveur d’un nouveau plan d’aide à la Grèce. L’enjeu caché des jours à venir, c’est bien le tandem franco-allemand sur l’avenir de l’euro. En définitive, tout reste ouvert, sauf une chose, certaine : la Grèce ne remboursera pas la totalité de ses dettes, soit dans le cadre d’un accord, soit parce qu’elle sortira de l’euro. La dette publique française augmentera donc d’autant.

Enfin, une précision, Dominique.

Vendredi matin, dans le débat éco, j’ai dit par erreur que le ministre grec de la Défense appartenait au parti Aube Dorée. Emoi légitime sur les réseaux sociaux. Panos Kammenos est un nationaliste des Grecs Indépendants.

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