Le gouvernement a pris la décision de ne pas réaliser les économies promises dans le Budget de l’État pour compenser les dépenses nouvelles annoncées depuis le début de l'année.

Oui, ce n'est pas très glorieux et cela confirme que François Hollande se met en campagne. Le gouvernement a pris la décision, annoncée hier soir, de ne pas réaliser les économies promises dans le Budget de l’État pour compenser les dépenses nouvelles annoncées depuis le début de l'année. Des dépenses pour l'emploi, l'école, la sécurité, la hausse du point des fonctionnaires, les agriculteurs, les jeunes. Ce faisant, il enterre les engagements qu'il avait pris auprès de Bruxelles il y a … deux mois et Manuel Valls oublie les efforts qu'il avait lui-même demandés à ses ministres il y a quelques semaines. On peut chipoter sur l'écart entre les promesses d'hier et le discours d'aujourd'hui, disons qu'il tourne entre trois et six milliards – ce qui n'est pas tout à fait rien.

Mais pourquoi parler de « cagnotte » ?

Parce que le gouvernement justifie ce relâchement par une efficacité accrue de la lutte contre la fraude fiscale, par de la croissance, et un tour de passe-passe comptable sur le crédit d’impôt compétitivité dont on passe les détails si on veut que les auditeurs restent à l'écoute. Bref, oh surprise, il y a davantage d'argent dans les caisses, c'est le moment de desserrer la ceinture du pantalon. Cela ne tient pas compte que la France est un des pays de la zone euro dont la situation des finances publiques est la plus mauvaise, avec la Grèce, le Portugal et l'Espagne. Nos comptes indiquent le Sud, pas le Nord. La cagnotte, le mot a une histoire, quand Chirac avait piégé Lionel Jospin il y a quinze ans, l'obligeant à dépenser l'argent public qu'il n'avait pas.

Et ce n'est pas fini…

François Hollande a promis qu'il y aura un allégement de l'impôt si la croissance 2017 est au moins égale à 1,7 % - on espère que le chiffre n’a pas été choisi parce que cela sonne bien 2017, 1,7 %. Parions que Bercy inscrira ce chiffre dans son budget puisqu'on saura si c'est vrai après la présidentielle. Et hop, croissance = recettes fiscales en plus = cagnotte pour baisser l'impôt.

Encore un chiffre ?

La France bénéficie d'une chance de cocu qui anesthésie les esprits. Les taux d'intérêt sont si bas que le coût annuel des intérêts de la dette publique (50 milliards) est le même qu'il y a quinze ans alors que la dette a explosé de 1.000 milliards. Sans la Banque centrale européenne, nous serions rentrés dans le mur depuis longtemps. Et pourtant, nous klaxonnons encore.

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