Volvo est le premier constructeur automobile classique à abandonner les moteurs à essence ou diesel...

Absolument, et c’est pour cela que cela mérite d’en parler : c’est une première mondiale. On connaît les nouveaux groupes, comme le californien Tesla, qui se lancent sur le marché du véhicule électrique. Mais, avec Volvo, c’est autre chose. Un constructeur qui a toute son histoire dans la motorisation thermique, à essence ou diesel, tourne la page. A partir de 2019, le groupe suédois -qui appartient aujourd’hui à un Chinois- ne développera plus que des véhicules 100 % électriques ou hybrides, donc avec une part d’électrique. Il prévoit de sortir cinq modèles de ce type et espère vendre un million de voitures électriques en 2025. Pourquoi la démarche est-elle économiquement, industriellement et sociologiquement intéressante ? Parce que les Renault-Nissan, les Toyota, les General Motors et autres BMW qui se lancent sur l’électrique et l'hybride ne brûlent pas tous leurs vaisseaux. Ils y vont avec enthousiasme peut-être, mais aussi « pour voir ». Ils s’adaptent au marché, à la demande des clients et à l’évolution des technologies. Volvo fait un pari sans retour.

Est-ce un pari gagnable ?

C’est souvent un pari gagnant de sentir le vent et de partir en premier. On connaît beaucoup d’entreprises qui ont raté le coche. Kodack, qui a cru que la photo argentique serait là pour toujours et ne s’est pas lancé dans le numérique. Les locomotives à vapeur Corpet-Louvet, en France, une entreprise d’un siècle qui ne s’est pas convertie à l’électricité dans les années 50. Mais est-ce le moment des voitures électriques ? Un gros million circulent dans le monde aujourd’hui, c’est très peu sur le très gros milliard de véhicules sur les routes. Et si je vous dis que seulement 2.296 véhicules électriques ont été vendus en France en mai, vous allez me rire au nez. Oui, tout cela est vrai. C’est vrai mais c’est peut être aussi le moment tu tournant. L’autonomie des batteries et leur vitesse de rechargement s’améliorent tandis que les prix, encore élevés, diminuent. Quand les prix seront équivalents et que la taxe carbone aura renchéri lourdement le prix des carburants classiques, le rejet de la pollution dans les villes fera le reste. Au total, Volvo ne fait pas seulement un coup de com, c’est une étape importante et je parie que l’un d’entre nous, dans ce studio, aura une voiture électrique dans moins de cinq ans.

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