Sitôt nommé, Jean Castex doit répondre à trois questions : quelle est la situation réelle de l'économie (on le saura mercredi), faut-il attendre pour lancer un plan jeunes (non) et quelle sera la couleur de la relance ?

Jean Castex, Premier ministre
Jean Castex, Premier ministre © AFP / Thomas COEX

Trois questions sont posées dès cette semaine à Jean Castex. 

La première est de déterminer l’ampleur et l’orientation du plan de relance promis, et cela ne peut se faire qu’à partir du bon diagnostic sur la situation. Depuis le 11 mai, le sentiment est que l’activité repart plutôt bien, on saura mercredi si cela continue : l’Insee dira si l’économie, en ce moment, tourne plus vite que les 88% du rythme normal constaté mi-juin. 

Il le faut, mais on sait que trois secteurs restent en souffrance : l’aérien, l’événementiel et la culture.

La deuxième question concerne les jeunes. C’est tout de suite, pas dans trois semaines, que des annonces sont nécessaires pour que les entreprises envisagent d’embaucher les centaines de milliers de jeunes qui viennent d’arrêter leurs études ; hier, le Cercle des Economistes a invité toutes les entreprises de France à s’engager à recruter au moins un de ces jeunes. C’est l’inquiétude majeure et l’attentisme risque de déclencher des spirales négatives. 

Enfin, la troisième question est de savoir quelle sera la couleur de cette relance et de ce coup de rein nécessaires

Verte certainement, avec la rénovation thermique – mais voilà, attention aux mirages, dix plans ont été annoncés en dix ans, toujours noyés dans les sables administratifs. La couleur sera fiscale aussi, avec des baisses d’impôts pour les entreprises – mais il faut bien viser, ne pas arroser tout le monde. Edouard Philippe et Bruno Le Maire avaient travaillé à un plan d’une centaine de milliards d’euros. 

Mais tout est affaire surtout de colonne vertébrale. 

On n’a toujours pas bien compris ce que veut faire Emmanuel Macron, quelles évolutions assumées (et non subies) il veut -ou pas. 

Avec Edouard Philippe, il avait choisi un Premier ministre libéral, et un maître-mot, la compétitivité. Il y a eu des résultats, notamment sur le chômage. Vendredi, le président s’est séparé d’Edouard Philippe le libéral. 

A partir de là, il aurait pu choisir un Premier ministre plus souverainiste, en phase avec son discours sur la souveraineté à retrouver – un Chevènement d’aujourd’hui. Ou il aurait pu choisir un écolo-productiviste, à mi-chemin entre ses convictions libérales et la convention climat. Ce n’est pas ce qu’il a fait.

Au final, Le choix de Jean Castex pose pour l’instant plus de questions qu’il n’apporte de réponses et l’impression qui domine est que la boussole sera le pragmatisme, ce qui veut à la fois tout et rien dire.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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