Steve Jobs, le patron emblématique d’Apple, présente ce soir à San Francisco un nouveau service. Après l’iPhone, l’iPad, voilà l’iCloud ! Une nouvelle révolution ?

Pas vraiment, parce que le service que va proposer Apple existe déjà. Mais comme tout ce que touche Apple vaut de l’or, l’annonce de Steve Jobs, comme souvent, popularise et rend visible une tendance de fond. En plus, le fait que le patron de l’entreprise à la Pomme fasse lui-même la communication alors qu’il est en arrêt maladie depuis janvier attire l’attention. Commençons par le début. Tout le monde ou presque connaît l’iPhone, vendu à 110 millions d’exemplaires en quatre ans. L’iPad est moins connu mais en un an, il s’est vendu 20 millions d’exemplaires de cette tablette tactile grand format. Avec l’iCloud, il s’agit de tout autre chose. Apple va lancer une offre de musique, de photos et de vidéos stockée sur des serveurs externes et accessible de n’importe où via Internet.

Cela mérite quelques explications ! Encore une fois, Apple n’est pas le premier sur ce « coup »-là. Amazon et Google il y a quelques semaines se sont déjà lancés. L’idée est simple. Pendant longtemps, pour écouter un morceau de musique ou regarder un film sur Internet, vous le téléchargiez sur votre ordinateur ou votre smartphone, légalement ou illégalement. Il était stocké sur votre appareil. Depuis quelques temps, inutile de le télécharger, vous le visionnez (dans le cas d’un film) en "streaming". Le principe de l’iCloud est de généraliser cela avec la puissance d’Apple. Vous écoutez la musique que vous souhaitez, mais elle reste dans des ordinateurs géants en Caroline du Nord, serveurs dans lesquels Apple va investir un milliard de dollars. Pour prendre une image simple, vous n’achetez plus un livre ou un CD que vous ramenez chez vous, vous le louez à distance à une bibliothèque.

Quel est l’intérêt pour Apple ou et pour les utilisateurs ? Pour les utilisateurs, de la souplesse et de la sécurité. Pour Apple, c’est la possibilité de mettre en ligne sa bibliothèque de musique (200 millions de morceaux) et de vidéos, et de la rendre accessible par Internet, sur iPhone, iPad, iPod Touch ou encore Mac. Le service sera payant, mais assez faiblement. Le plus intéressant est ce que tout cela révèle. Un : que l’ordinateur n’est plus une machine, mais un réseau de machines, un réseau géant, complexe et invisible ou chacun utilise la puissance des autres. C’est ce qu’on appelle le « cloud computing », la mise en réseau. Deux : que chaque année apporte ses innovations, et que cela n’est pas fini. La vague suivante concerne la géo-localisation, qui commence déjà à vous envoyer sur votre téléphone des publicités ciblées quand vous passez devant un magasin.

Les esprits chagrins se diront que l’innovation est encore américaine. Ils auront en partie raison de « chagriner ». Cela étant, le gouvernement a dédié 700 millions d’euros du grand emprunt au « cloud computing ». Cela étant, la France a elle aussi ses (petits) champions. On connaît le site de rencontres Meetic (qui vient d’être racheté par un américain). On a tort de ne pas connaître, par exemple, Criteo, pourtant le numéro un mondial du reciblage publicitaire, qui affiche des bannières de pub dont le taux de clics est 10 fois supérieur à celui des concurrents ! Ce n'est pas le vaccin contre le cancer, mais c'est un savoir-faire !

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