Votre journal, Les Echos , a révélé hier, qu'Air France prépare un nouveau plan de restructuration.

Vous voyez que ma résolution d'hier, ne regarder que les coins de ciel bleu dans l'actualité économique, (cette résolution) n'a pas tenu longtemps. Bon ! Oui, mon confrère Bruno Trévidic a appris qu'Air France annoncera après l'été une nouvelle réorganisation qui se traduira par, aucun chiffre officiel n'est avancé, mais sans doute par la suppression d'un gros millier de postes. Cela s'ajoutera aux 5.000 postes en moins du plan que le PDG, Alexandre de Juniac, a déjà annoncé il y a un an. Un second plan qui prouve, par définition, que le premier n'a pas marché, ou en tout cas n'a pas suffi.

Que se passe-t-il chez Air France ?

Le diagnostic est aussi simple que les solutions ne le sont pas. Les grandes compagnies aériennes historiques, British Airways, Lufthansa et - donc - Air France, sont prises en sandwich. Elles sont attaquées par le haut, sur les vols long courrier, par les compagnies asiatiques (Singapour Airlines) et du Golfe (Qatar Airways), qui regorgent d'argent et sont vraisemblablement subventionnées. Et elles sont attaquées par le bas, par les low cost (Ryanair et Easyjet), qui ont inventé un modèle économique pour faire tourner leurs avions en flux tendu et disons-le aussi, avec des conditions sociales olé olé. Un avion vole environ 4.000 heures par an, cela fait beaucoup de Roissy-Venise. Air France, c'est un peu la Lorraine qui doit trouver des solutions, prise en sandwich entre la force industrielle allemande et les facilités financières et fiscales du Luxembourg.

Le résultat de tout ça est qu'Air France perd de l'argent.

Exactement, perd de l'argent chaque année sur les vols courts, en Europe. Le groupe a déjà essayé plusieurs réponses. Le temps de travail des pilotes a été augmenté de 20% pour faire voler plus les avions - voler plus pour gagner plus ! Des bases de province à Marseille, Nice et Toulouse ont été créées pour éviter que les personnels rentrent à Paris tous les soirs. Une offre spécifique, moins chère, Hop !, a aussi été lancée. Mais ça ne suffit pas. D'où le plan de restructuration qui se prépare. Il y aurait beaucoup plus de personnels dans les escales d'Air France que chez les concurrents.

Mais c'est une course sans fin, non ?

Les concurrents d'Air France, eux, sont déjà passés à l'étape suivante : Iberia (qui appartient à British Airways) et Lufthansa créent, aujourd'hui pour la première, dans trois semaines pour la seconde, des filiales low cost, avec d'autres noms. Mais la question qui est derrière tout cela, c’est : au total, pour l'économie, cette concurrence est-elle utile ou mène-t-elle dans le mur ? Pour le respect des règles sociales et européennes, c'est à la justice de répondre et de poser des lignes blanches, sans oublier la sécurité. Mais les consommateurs, les clients, ont eux déjà répondu. Le trafic aérien a explosé en Europe, avec des prix ultra light. Ryanair dans l'aérien, comme Free dans la téléphonie, Dacia dans l'automobile ou encore Lidl dans le commerce : chacun doit se demander où, sans eux, notre pouvoir d’achat et l'économie en seraient.

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