C’est Le Figaro qui a révélé que le groupe chinois Jin Jiang, qui possède près de 600.000 chambres d’hôtels dont, en France, celles des chaînes Campanile et Première Classe, grignote peu à peu le capital d’Accor qui pèse, lui, 500.000 chambres dans le monde entier. Accor, ce sont les marques connues (Sofitel, Mercure, Ibis, Formule 1, etc.) Le chinois contrôle 15% du capital, mais il rêverait de doubler ce chiffre. Bercy qui a été surpris par ce grignotage, comme la direction d'Accor d'ailleurs, lui a demandé de se calmer. Il faut savoir que le groupe chinois en question appartient à qui? A la mairie de Shanghai!

Depuis vendredi, les commentaires mettent en avant l'hémorragie des grands groupes tricolores. En effet, il y a un effet de masse, mais qui mélange des choux et des carottes. Il y a eu le départ des trois A, Arcelor (racheté par l'indien Mittal), Alcatel (repris par Nokia) et Alstom énergie (vendu à General Electrfic). Ajoutons le cimentier Lafarge devenu suisse avec Holcim, le Club Med devenu chinois et le siège mondial de Technip parti à Londres il y a quinze jours. Ca fait beaucoup. Ce CAC 40 qui s'en va, c'est paradoxalement à la fois inquiétant -et on ne va pas revenir une fois de plus sur les causes- et çà prouve que nos groupes sont séduisants.

Mais il y a autre angle d'analyse : c'est de constater l'absence totale de réciprocité entre l'Europe et la Chine. L'Europe est infiniment plus ouverte que les Etats-Unis par exemple. De l'autre côté de l'Atlantique, un grand nombre de rachats chinois échouent, moins ici.

Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de vision commune entre les pays en Europe. Chacun fait ce qu'il lui plait, et les gouvernements n'ont pas donné cette compétence à Bruxelles qui est désarmé. A l'inverse, en Chine, les investiseurs étrangers peuvent investir -beaucoup- mais il est interdit de prendre plus de la moitié du capital d'une entreprise chinoise. Le marché fait tellement saliver que personne n'ose protester. Cela étant, les esprits évoluent. En Allemagne, le sujet économique dont on parle, c'est l'OPA lancée il y a quelques jours par des chinois sur Kuka, un bijou de l'industrie allemande, leader mondial sur le marché des robots industriels. Le gouvernement allemand se démène pour trouver une autre solution – et ça c'est carrément nouveau.

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