C’est le dernier jour ce mardi pour envoyer les déclarations qui vont établir l’impôt sur le revenu.

Oui, environ 37 millions de foyers fiscaux auront envoyé, entre ces dernières semaines et jusqu’à ce soir minuit leurs déclarations de revenus. La date était différente selon le département d’habitation et l’utilisation d’Internet ou pas. Les Français se sont donc plongés dans des calculs parfois très simples, et la bonne -ou la mauvaise- nouvelle (comme on veut), c’est qu’ils n’entendront plus parler d’impôt sur le revenu pendant plusieurs semaines. Emmanuel Macron a en effet décidé qu’il n’y aura pas cet été de collectif budgétaire, de texte qui prévoit des mesures fiscales, comme c’est presque toujours le cas. Mitterrand en 1981, Chirac en 95, Chirac encore en 2002 après Jospin, Sarkozy en 2007 et Hollande en 2012, sitôt élus, ils ont pris des décisions fiscales pour tenir leurs promesses. Le seul contre-exemple, et je n’en suis pas certain, c’est Mitterrand en 1988, il faut dire que c’était un 2ème mandat. Pourquoi Macron s’abstient-il ? Parce qu’il pense que la priorité, c’est le droit du travail, parce qu’il n’a pas d’argent à distribuer, parce qu’il était à l’Elysée avec Hollande au moment du ras-le-bol fiscal et qu’il faut être prudent.

Et après l’été ?

On ne parlera pas non plus vraiment de l’impôt sur le revenu. Le candidat devenu président a prévu d’autres réformes, mais elles ne concernent pas directement l’IR - comme on dit. Dès septembre, commencera la préparation du budget 2018, avec le basculement entre les cotisations maladie et la CSG, sans doute le début de la suppression de la taxe d’habitation (ce n’est pas sûr), la réforme de l’impôt sur la fortune, mais les taux du barème, ses seuils, les niches fiscales, le quotient familial, rien n’est au programme. La création d’un taux unique de taxation pour les revenus du capital est bien prévue, mails promis juré craché il n’y aura pas de nouvelle aide immobilière. S’il est encore à ce poste après juin, Richard Ferrand, le ministre en charge, ne laissera donc pas son nom à un dispositif fiscal comme l’ont fait tous ses prédécesseurs. Bon, Emmanuel Macron a tout de même laissé une porte ouverte pendant la campagne : s’il y a de l’argent dans les caisses, il baissera l’impôt sur le revenu. Sinon, on n’en reparlera pas avant cinq ans.

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