Ce matin : le printemps économique européen. Mais avec encore un peu de fraîcheur en France !

Hier, on se réjouissait de la finalement relative modération fiscale des maires. Deuxième bonne nouvelle aujourd’hui : la confirmation du redémarrage de l’économie européenne -enfin. Ceux des auditeurs qui jugent les journalistes trop souvent pessimistes vont être surpris ! Mais voilà, les prévisions publiées hier par la Commission européenne vont dans le bon sens. C’est carrément la page sombre ouverte en 2008 qui pourrait bien se tourner. Selon Bruxelles, la croissance atteindrait 1,5% dans la zone euro cette année - après une récession de 0,4% en 2013 et une reprise pâlichonne de 0,9% en 2014. Ces chiffres ne permettent pas sauter au plafond en criant youplaboum, ils sont en dessous de ce que l’on voit aux Etats-Unis ou en Chine ; mais enfin cela repart.

Quand on regarde le tableau dans le détail, évidemment, il y a quelques bémols.

Oui. D’abord, la quasi-totalité de la reprise, disons 80%, s’explique par des éléments externes à chaque pays : la baisse du prix du pétrole, de l’euro et des taux d’intérêt. Le jour où cela s’arrête, on est tout nu. Or, depuis quelques jours, ces trois composantes remontent un peu, notamment le pétrole. Bon, mais c’est un petit bémol. Ensuite, on n’est pas à l’abri d’un coup de grisou ou de gel, si l’affaire grecque dégénère, ou si des bulles financières explosent. Enfin et surtout, la France apparaît en dessous de la main sur cette reprise. Bruxelles voit (on le disait) la zone euro à 1,5%, pour la France ce sera 1,1%. Douze des dix-neuf pays euro feront mieux. Bof ! On nous accusera à nouveau de voir le verre à moitié vide mais hélas on n’a pas eu vraiment tort de l’être ces dernières années.

Le juge de paix, ce sera de toute façon le chômage.

Aie car dans le cas de la France, Bruxelles ne prévoit pas de baisse du chômage cette année ; ça c’est la mauvaise nouvelle. Il n’y a que trois autres pays dans la même situation : la Finlande, Chypre et l’Autriche ; même si précisons évidemment que la situation, est bien pire en Espagne ou en Grèce. En réalité on ne sait pas bien comment la reprise va se passer. Une reprise, c’est à chaque fois un OVNI économique : elle est ou surestimée ou sous-estimée. Je ne sais pas si c’est rassurant ou pas !

Au final, tout cela, c’est une bonne nouvelle pour François Hollande, qui « célèbre » aujourd’hui ses trois ans à l’Elysée.

Avec la vente des Rafale il y a trois jours et des prévisions de croissance meilleure -sans oublier Bruxelles qui n’engueule plus Paris sur son déficit public-, ce sont des petits cadeaux déposés à l’Elysée. Le problème, c’est que les Français en ont assez des prévisions et des plans sur la comète (ce dont on parle depuis 2’15), ils veulent des résultats. Et les résultats concrets, visibles, certains, pour l’instant, on les attend encore. Mini-réformes, mini-reprise.

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