Le gouvernement va envoyer sa lettre de mission à la commission chargée de réfléchir sur l’avenir des retraites.

Oui, c’est vrai et cette lettre, que Les Echos se sont procurée, est intéressante parce que le gouvernement, pour la première fois, met sur la table officiellement l’idée qu’il faudra travailler encore plus longtemps avant de partir en retraite. On y reviendra, mais avant cela une question peut être posée sur ce sujet des retraites : celle de la méthode. François Hollande, Jean-Marc Ayrault, ont-ils raison d’ouvrir le débat maintenant ? Il est prévu que cette commission remette un rapport avant fin juin, puis le gouvernement travaillera, il consultera le patronat et les syndicats et des décisions seront annoncés à l’automne…

Et où est le problème ?

Le problème est que pendant les six prochains mois, il y aura tous les jours des fuites, des rumeurs, des prises de positions. Cela va stresser le pays ! Or, le pays a-t-il besoin d’être stressé, de s’interroger sur ce que seront les retraites ? On voit que sur les impôts, le diesel etc. cela est contre-productif. La priorité, en ce moment, c’est la compétitivité, l’industrie, l’emploi. Ajoutons que les solutions pour les retraites sont connues depuis longtemps. D’où l’interrogation : le mieux ne serait-il pas d’agir tout de suite avec des mesures urgentes pour le court terme et de décaler un peu le moyen terme ?

Pourquoi, alors, ce processus long ?

Disons les choses comme elles sont : pour rassurer les Européens et faire atterrir la gauche sur les retraites. Tout le monde a retenu qu’elle était opposée, totalement, farouchement, au passage de 60 62 ans – et qu’elle reviendrait dessus. Dans la réalité, c’est plus subtil : le PS s’est prononcé pour l’allongement de la durée de cotisation nécessaire pour avoir une pension à taux plein.

Les esprits ont manifestement muri …

On a entendu des choses incroyables quand on repense à 2010. Henri Emmanuelli trouve légitime que l’on parte en retraite plus tard ; Pascal terrasse, secrétaire national à la protection sociale du PS, assure que, oui, il faudra travailler après 62 ans ; Jean Marie Le Guen, député et spécialiste de ces sujets, est partisan, écoutez bien, d’accélérer le passage à 62 ans, qui est progressif, pour qu’il arrive dès 2015 au lieu de 2017 !

Bon, avec tout cela, à quoi peut-on s’attendre ?

Dans sa lettre, le gouvernement évoque l’allongement de la durée de cotisation au-delà des 42 ans de la loi Fillon, une hausse des cotisations payées sur les salaires et un ajustement du niveau des pensions. Là, c’est le sujet de l’indexation des retraites sur les prix, qui est au cœur de la négociation Agirc-Arrco prévue demain. Ce que l’on peut retenir est que la désindexation aurait un effet immédiat sur les comptes mais aussi le pouvoir d’achat, que le relèvement de l’âge de départ minimum est à mon avis exclu et que l’allongement de la durée de cotisation ne pourra pas intervenir avant 2020.

Reste une question ?

Si on demande à un jeune de 25 ans s’il pense que sa retraite, en 2060, sera payée par la solidarité nationale ou son épargne, on connaît déjà la réponse.

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