la ce prévoit un déficit plus élevé que prévu pour la france cette année
la ce prévoit un déficit plus élevé que prévu pour la france cette année © reuters
**Vous commentez, ce matin encore, un avertissement de Bruxelles à la France sur les déficits publics.** Entre la Cour des comptes et la Commission européenne, on ne sait plus qui détient le record des mises en garde, des cartons jaunes ! Cela tombe comme à Gravelotte (du nom du village lorrain qui a été noyé en 1870 sous les balles et les obus). La semaine dernière, l’Europe délivrait déjà un avertissement à l’élève France en disant : attention au dérapage ! Hier, le conseil de classe bruxellois a été plus loin pour dire que les choses ne vont pas, à la fois sur la compétitivité de l’économie et les comptes publics. La France bénéficie – si on peut dire et entre guillemets – d’un avertissement spécial. Nous sommes les seuls, avec la Slovénie, à être visés ainsi. « La gifle » titre ce matin [Les Echos](http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0203353391080-la-commission-europeenne-place-la-france-sous-surveillance-renforcee-654688.php). **Mais on peut aussi se dire : un avertissement, et alors ?!** C’est vrai, c’est tentant. Après tout, c’est ce que l’on entend souvent, la France, malgré les tombereaux de pessimisme versés chaque jour, reste la cinquième puissance mondiale ! Après tout, le bilan de cette Commission qui nous sermonne chaque jour est médiocre et elle cherche à le faire oublier en collant les pays les uns après les autres près du radiateur. Après tout, Olli Rehn, le commissaire finlandais à l’économie, est prisonnier d’une fixation pathologique sur le niveau des déficits. Après tout enfin, l’austérité plonge l’Europe dans la récession et la déflation. C’est d’ailleurs ce que va vous dire Jean-Luc Mélenchon dans une heure à votre micro ! On pourrait se dire tout cela, certains auditeurs se le disent sûrement. Et pourtant c’est trop facile. **Et pourquoi donc ?** Parce que la France oublie le rôle central qu’elle joue en Europe, sur le plan économique et politique, et qu’elle joue avec le feu depuis trop longtemps. Sur l’économie, bien sûr que la question des déficits est moins importante que celle du chômage. L’objectif ultime de l’économie, c’est que chacun ait un emploi et des revenus suffisants. Mais nous nous sommes mis dans une situation financière où nous n’avons plus aucune liberté, ni aujourd’hui ni – pire encore – pour demain, avec une dette qui grimpe. Ce n’est pas notre déficit qui inquiète, c’est notre incapacité à inverser nos mauvaises courbes sur le long terme, celle du chômage, celle des déficits. Concrètement, ce que dit la Commission et elle a raison, c’est que les Français ont fait tant d’efforts fiscaux qu’il n’y a plus de marge de manœuvre de ce côté-là. Et les économies, on ne les voit pas en vrai, comme les mirages dans le désert. Voilà pour l’économie. **Et pour la politique ?** La France est un des deux plus importants pays européens, et ce que voient les autres, c’est qu’elle n’a pas de parole – Paris rêve de reporter à nouveau ses engagements. Sans pour autant assumer un leadership de propositions entraînant les autres. N’imaginons pas que la Commission suivante, après les élections, dira autre chose : elle dira la même chose. Oui, il y a un petit parfum d’humiliation quand la France est sermonnée si souvent pour ses déficits quand l’Allemagne l’est pour ses excédents. ### Aller + loin : [Sur la dette publique sur le site de l'INSEE](http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=40) ## Les liens [Le blog de Dominique Seux](http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/dominique-seux-r59.html)
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