Le groupe automobile PSA vient d'annoncer officiellement le rachat de l’allemand Opel.

On en a déjà parlé à ce micro, c’est une opération qui va permettre au groupe PSA de devenir le deuxième constructeur automobile en Europe derrière Volkswagen, avec trois millions de véhicules par an. Le rachat a été autorisé par le conseil d’administration vendredi et ce sera donc officiel ce matin, avec la présence à Paris de la patronne mondiale de General Motors, l’actuel propriétaire d’Opel. Il faut noter que ce deal fait quasiment l’unanimité, y compris de la plupart des syndicats de l’entreprise - ce qui est rare. Hier soir, Force ouvrière, la CFDT, la CGC, la CFTC et l’Unsa ont salué cette (je cite) opportunité intéressante dans des termes plutôt enthousiastes.Ils se réjouissent que Opel et le britannique Vauxhall, qui est aussi dans la corbeille de la mariée, retrouvent (je re-cite) leurs racines européennes. Vous me direz et vous aurez raison de le dire que ce sont les syndicats allemands d’Opel qui peuvent légitimement être inquiets pour les emplois parce qu’Opel perd de l’argent depuis 1999 et qu’un redressement devra avoir lieu.

Au-delà, quelles leçons de ce rachat ?

Il y en a trois assez simples je crois. La première est que le fait qu’une grande entreprise française rachète un grand concurrent n’arrive pas tous les jours ; quand il s’agit de reprendre une entreprise allemande, c’est encore plus rare. La deuxième est que l’on voit bien le rôle du dirigeant, en l’occurrence Carlos Tavares dans la résurrection de PSA. On entend souvent que les patrons sont interchangeables,qu’il y en a à la pelle des bons et que c’est plus facile de trouver un patron compétent qu’un footballeur. Ce n’est pas vrai. La dernière leçon est que l’Etat a joué un rôle positif ces dernières années à PSA et qu’il faut absolument le souligner. Il a apporté un soutien financier à l’entreprise en 2012 en garantissant les emprunts de la filiale bancaire, puis en injectant un peu plus tard 3 milliards d’euros au capital et enfin en laissant faire Carlos Tavares dans ses économies, ses réorganisations. On verra si le rachat d’Opel sera un succès –ce n’est pas garanti- mais les dernières années auront été, je crois, exemplaires.

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