La prime d’activité cartonne, avec déjà plus d’un million de nouveaux bénéficiaires…

Prime d'activité
Prime d'activité © Getty / Westend61

Oui un tel résultat en deux mois, c’est assez exceptionnel. Après la promesse un peu floue des 100 euros de plus au SMIC d’Emmanuel Macron, on avait beaucoup glosé sur la cacophonie entre les « technos » de Bercy. Hé bien force est de constater que la formule choisie a été la bonne : une augmentation de la prime d’activité et un élargissement du nombre de bénéficiaires.

On en est désormais à près de 4 millions de foyers, et le problème du non recours est en passe d’être résolu, alors que beaucoup d’allocataires potentiels ne la demandaient pas. Rappelons les avantages de cette prime, qui a autant de soutiens à gauche qu’à droite : elle améliore le pouvoir d’achat des bas salaires sans augmenter le coût du travail, et elle accroît l’incitation à l’activité. Pour un célibataire au SMIC, cela représente 240 euros par mois. Soit une majoration de 20% des ressources.

Est-ce qu’on peut parler d’un impôt négatif ?

On s’en rapproche beaucoup. Formellement, c’est une prestation sociale versée par la Sécu, ce n’est pas un crédit d’impôt. Mais la composition familiale et l’ensemble des revenus sont pris en compte dans le barème, comme pour l’impôt sur le revenu, donc c’est très comparable. Si je reprends l’exemple d’une personne seule au SMIC, elle touche désormais deux fois plus de prime d’activité qu’elle ne paie de CSG. Cela veut dire que le système fiscal et social français est plus redistributif avec cette mesure.

Pour mémoire : la prime pour l’emploi, l’ancêtre de la prime d’activité, avait été créée en 2001 sous Lionel Jospin parce que le Conseil constitutionnel avait refusé un allégement de CSG pour les plus modestes. Ça aura pris presque 20 ans, mais on est arrivé beaucoup plus loin aujourd’hui.

Mais tout cela a un coût…

Et qui risque de déraper. Le gouvernement avait chiffré à près de 3 milliards d’euros l’augmentation de la prestation, mais si l’afflux de demandes se poursuit, ce sera plus. Au total, le budget de la prime d’activité devrait atteindre 9 milliards d’euros cette année. Voilà pourquoi Matignon cherche d’autres leviers, moins onéreux, pour soutenir le pouvoir d’achat. C’est le retour de l’ouverture à la concurrence dans de nouveaux secteurs – vous en avez parlé à cette antenne : pièces automobiles, syndics, permis de conduire. ça peut paraître anecdotique, mais ça ne l’est pas, on l’a vu avec les cars Macron et en remontant un peu plus loin, avec l’arrivée d’un quatrième opérateur mobile qui avait fait économiser des milliards aux Français.

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