A la mi-mandat, les deux défis de François Hollande, qui va dialoguer ce soir avec des Français sur TF1.

A la mi-mandat, chacun le sait : croissance, chômage, comptes publics, les résultats économiques sont mauvais. Si on regarde d’autres pays européens, dans certains cas, la France est mauvaise dans une classe de mauvais (sur la croissance), dans d’autres elle est au milieu de la classe (sur le chômage), dans d’autres enfin elle est carrément près du radiateur au fond (sur les déficits). Mais ce qui est sûr est que -hélas- la situation conjoncturelle est moins bonne qu’on ne le pensait il y a encore deux mois. Les seuls espoirs reposent sur la baisse de l’euro et du prix du pétrole, mais ils sont –rehélas- contradictoires ; Et sur l’effet des mesures prises –mais il faut au minimum quelques mois. François Hollande peut-il redresser la barre ? Face aux Français, le chef de l’Etat qui aimerait sans doute parler d’autre chose que d’économie, aura –s’il est interrogé sur ce sujet- deux preuves à faire : celle de sa cohérence, celle de sa compétence. Sur ces deux terrains, un procès lui est fait.

La cohérence : est-elle désormais à mettre à son crédit ?

Oui. C’est un mauvais procès. Il a été critiqué pour la contradiction entre sa Nouvelle politique économique de compétitivité de 2014 et sa campagne de 2012, qui avait choisi la finance comme ennemi. Certes, cette contradiction existe. Mais elle commence à être de l’histoire ancienne, il faut changer de disque. La vérité est que ces derniers mois le discours est devenu cohérent. Quel est-il ? L’économie ne repartira pas sans les entreprises. Le coût du travail doit baisser pour que l’écart avec l’Allemagne se réduise. Et s’il est vrai que la France se moque du monde sur le plan de son propre budget, François Hollande a, sur le risque de déflation en Europe, le même discours depuis deux ans. Là, il est cohérent avec lui-même et son dossier n’est pas vide.

Vous parliez de cohérence et de compétence.

Ou que l’on aille, avec qui que l’on parle, la question revient sur toutes les lèvres : le gouvernement est-il incompétent, voire peu compétent - pour être plus gentil ? Le sentiment de godille dans l’exécution, d’allers-et-retours, d’annonces non suivies d’effets, d’amateurisme en fait est ce que l’on entend le plus jour après jour. Nicolas Sarkozy hystérisait le pays par son attitude personnelle. François Hollande le heurte par sa façon de gouverner perçue comme flottante. Les conséquences sont désastreuses en économie parce que les entreprises et les ménages ne savent pas si les annonces se transformeront en actes. Un seul exemple : l’exécutif répète matin midi et soir que plus de 40 milliards d’euros sont donnés aux entreprises. Vaste blague. Cela sera en 2019, pas avant ; pour l’instant, c’est beaucoup moins. Au total, beaucoup de Français, qui voient comment leur propre entreprise évolue et se réforme quand le temps est mauvais, ont besoin que des professionnels soient aux commandes du pays. Et ils doutent que ce soit le cas.

Les liens

Le blog de Dominique Seux

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.