La France compte déjà presque deux millions de télétravailleurs. Et cela n’est pas fini.

Homme télé-travaillant
Homme télé-travaillant © Getty / Klaus Vedfelt

C’est une enquête des services du ministère du travail passée un peu inaperçue, et très intéressante. Officiellement, 3% des salariés télé-travaillent régulièrement, en clair travaillent de leur domicile au moins un jour par semaine. 

3%, on pourrait en conclure que c’est définitivement négligeable. Mais l’étude indique aussi que le nombre de télétravailleurs passe à 1,8 million avec la nouvelle définition de 2017, plus souple, qui inclut les salariés qui télétravaillent de temps en temps pour une raison ou une autre sans qu’un accord social ait été encore formellement conclu -grève de transport, convenance personnelle ou problème de santé. 

Et comme  ces chiffres résultant d'une enquête menée en 2017 et que les entreprises donnent actuellement un coup d’accélérateur très fort au télétravail et commencent à négocier, il y a de fortes chances que cela se traduise vite dans des chiffres qui montent encore, avec plusieurs millions de personnes impliquées. Les grèves de la SNCF de 2018 n'ont pu qu'amplifier ce phénomène et celle(s) de décembre ne vont pas l'infirmer ....

C’est une bonne nouvelle. 

Le télétravail, que le numérique facilite, limite les temps de transport, est bon pour le climat et permet d’habiter plus loin des centres des métropoles où le coût du logement est inabordable. 

La vérité est aussi que les grandes entreprises, pour attirer des jeunes -et elles ont parfois du mal- doivent le mettre en place, elles n’ont pas le choix. 

Le télétravail serait bon aussi pour la productivité parce qu’on considère que nous serions (j’utilise un conditionnel) dérangés 150 fois dans une journée de travail dans un bureau -c'est fou ! 

Bien sûr, cette façon de travailler ne peut pas concerner tout le monde : les chauffeurs routiers, les vendeurs, les médecins et les enseignants le sont moins que les cadres et des employés. Mais il y a deux évolutions profondes qui poussent dans cette direction

  1. l’idée selon laquelle le télétravailleur se tourne les pouces entre son frigo et sa série préférée a disparu de la tête des employeurs. 

  2. le management devient moins vertical et davantage collaboratif, même s’il ne faut pas être dupe à 100% sur ce point. 

Mais attention, tout n’est pas rose. Le télétravail n’est pas un miracle non plus. Le risque essentiel est la solitude sociale, un certain isolement; un risque second  est qu'il y ait moins de brain storming collectif. Tout cela se tâte, des entreprises testent : un jour par semaine, puis deux, elles peuvent reviennent en arrière. 

Mais au total il ne fait aucun doute désormais que le télétravail va encore se développer.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.