L’élection présidentielle, c’est dans 200 jours. Et ce matin, vous faites parler les statistiques pour nous dire qui la gagnera !

C’est un lancement un peu survendu, mais oui, le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu dans 199 jours - 200, c’était hier -, et on peut s’amuser avec quelques données chiffrées dans cette matinale spéciale. D’abord, une statistique politique peu entendue . Entre 1958 et 1981, première élection d’un président de gauche, il s’est écoulé 23 ans. Entre 1988, dernière élection d’un président de gauche, et 2012, il se sera écoulé 24 ans. Certains en déduisent que l’alternance doit arriver…. Autre élément difficile pour Nicolas Sarkozy, jamais un président n’a été aussi bas dans les sondages à sept mois de l’échéance. L’exemple de Valéry Giscard d’Estaing, souvent cité, ne colle pas. C’est en janvier 1981 qu’il a décroché. Mais attention pour la gauche, à l’inverse, presque jamais les favoris de l’automne ne l’ont emporté au printemps suivant.

Et du côté des données économiques ?

Il est trop tôt pour faire le bilan à J – 200 avec une conjoncture flottante, mouvante. Cela dit, deux indicateurs, le chômage et la dette, feront du mal à Nicolas Sarkozy. Depuis 2007, le nombre de sans-emploi a grimpé en flèche et la dette a explosé. Est-ce du tout cuit pour François Hollande, Martine Aubry ou un autre ? Pas sûr ! Car le président actuel a dans sa manche un atout. Pendant la crise, la France a mieux résisté que les autres pays, y compris sur le pouvoir d’achat, qui aura progressé de 3 à 5% en cinq ans. Rien à voir avec nos voisins…

Et puis, il y a les réformes ?

Nicolas Sarkozy mettra en avant son énergie à renverser la table pour que çà bouge. Il a à son actif une quinzaine de réformes lourdes, c’est beaucoup. François Hollande – qui n’a jamais été ministre on le saura -, Martine Aubry, dont le nom est accolé aux seules 35 heures, François Bayrou, dont le nom est attaché à on ne sait quoi, tous, ils ne font, par définition, pas le poids. Le problème est de savoir si, en dehors de la retraite à 62 ans, les Français se souviendront de réformes mal vendues, et s’ils les jugent utiles même quand elles font mal.

Alors, qui va gagner ?

Si on pèse tout, cela va être difficile pour le président sortant. Mais comme cette période de crise(s) est hors du commun, tout est possible. Votre question de départ était survendue, ma réponse est de normand.

Et puis, on parle ce matin de la mort de Steve Jobs ... en quelques secondes, quel héritage de cet homme génial ?

C’était un homme peu ordinaire, génial sur le plan de l’innovation mais aussi du marketing et commercial – l’alliance des trois étant rare. Le modèle gagnant d’Apple, c’est trois mots. Un, l’innovation, avec la simplicité des produits ou leur design, mais aussi l’idée d’avoir un temps d’avance. C’est Apple qui a démocratisé le numérique et l’Internet Mobile auprès de particuliers non seulement accros mais amoureux de ses produits. Deux : l’intégration. La rupture est totale avec ce qui se faisait avant puisque le consommateur d’Apple bénéficie d’une offre complète, intégrée. Matériel, logiciel, services, tout est signé Apple. Trois, la désintégration de la chaîne de fabrication. Apple s’occupe de la conception des produits, de leur marketing, un peu de la vente mais c’est tout. La production et la logistique se font ailleurs, surtout en Chine. Au même titre que Thomas Edison, Henri Ford et aujourd'hui Google, Apple a changé le monde, mais à la différence de Google, chacun sait à qui il le doit : Steve Jobs.

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