Vous commentez ce matin les programmes économiques des principaux responsables de la droite.

Oui, et ce qui surprend le plus ces jours-ci, c’est que personne ne s’étonne que l’on connaisse dès maintenant , en octobre 2014, les grandes lignes du programme que défendra la droite à la présidentielle de 2017, dans -donc- deux ans et demi. Ces derniers jours, Nicolas Sarkozy, François Fillon et Alain Juppé ont dévoilé quelques réformes qu’ils vont défendre, qui concernent la fonction publique, les impôts, le temps de travail. Or, sauf surprise majeure, c’est bien un de ces trois là qui portera les couleurs de l’opposition. Je n’ai pas le souvenir, dans le passé, de mesures aussi précises connues si longtemps avant une échéance politique. Ces propositions sont à regarder de près. Car compte-tenu des rapports de forces électoraux, l’idée qu’elles seront appliquées en 2017 fait partie du champ des possibles !

Pourquoi la droite s’avance-t-elle si tôt ?

Ecartons l’hypothèse selon laquelle les trois concurrents de la droite se dévoileraient tôt parce qu’ils croient que le quinquennat actuel n’ira pas à son terme. Non, bien sûr, ce qui les motive, c’est la course entre eux en vue de l’élection à l’UMP pour Nicolas Sarkozy, et la primaire de 2016 pour François Fillon et Alain Juppé. Il faut séduire l’électorat de droite. Mais la question la plus intéressante, c’est aussi voire surtout celle-ci : pourquoi Sarkozy, Juppé et Fillon osent avancer des idées aussi réformistes, libérales, en rupture en tous cas avec ce qui existe aujourd’hui dans notre système économique.

C’est à dire ?

Nicolas Sarkozy propose de remplacer l’emploi à vie des fonctionnaires par – dans certains cas- un CDD de cinq ans. François Fillon veut supprimer 600.000 postes dans la Fonction publique et suggère de remonter de plus de trois points le taux principal de la TVA pour alléger le coût du travail. Alain Juppé défend un âge de la retraite à 65 ans et la suppression de l’ISF. Pour les trois, les 35 heures doivent être revues et visitées. Tout cela, ce n’est pas du chamalo, du mou-mou, du soft –comme vous voulez ! Il y a dix ans, la moitié de la France était dans la rue pour moins que cela. Alors, pourquoi ? La droite se dit qu’elle a quand même de fortes chances de remporter la présidentielle – et elle voudra un mandat clair. Et elle pense que le pays attend au fond des réformes fortes. Les Français ont compris que le fameux modèle social dont on leur rebat les oreilles n’est plus un modèle quand le chômage est si haut et le moral si bas.

Et la droite a raison de penser cela ?

Les sondages disent que oui, mais le oui aux réformes, c’est souvent un oui pour les réformes des autres ! Ce qui est sûr est que c’est la première fois depuis 1986 que la droite propose un programme de rupture, aussi nettement et aussi tôt.

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