Ce matin : la guerre des banques est (enfin) déclarée.

Les banques sont un secteur où la concurrence pour séduire, attirer et retenir les clients que nous sommes, cette concurrence est réelle mais a toujours été -comment dire- plutôt ouatée, tranquille, entre gens bien élevés. Rien à voir avec d’autres secteurs beaucoup plus violents comme la grande distribution ou les ventes de voiture. Eh bien, c’est peut-être fini. Mardi, le patron de l’opérateur téléphonique Orange, Stéphane Richard, a dévoilé par un tweet une date attendue : celle du lancement de sa propre banque, Orange Bank, 100% mobile, sur téléphone uniquement, et gratuite ou presque. Une révolution, avec du paiement par mobile et un jour des crédits. Ce sera le 2 novembre et il vise deux millions de clients, qu’il va (disons) draguer à partir de ses 30 millions d’abonnés téléphoniques. Hier soir, le Crédit Agricole a riposté en annonçant une offre low cost, moins chère que ses services actuels, sur mobile, qui devrait arriver assez vite aussi. Son portefeuille dans lequel il va pêcher : 21 millions de clients. Le Crédit Agricole vise ses propres clients qui voudraient payer moins de frais et ceux d’autres banques. Orange contre la Banque Verte : le match est lancé. Les autres réseaux ne vont pas rester à l’écart, d’autres acteurs aussi (comme Carrefour) et tant mieux pour les consommateurs.

Est-ce que cela va vraiment changer la donne pour les clients ?

Vous avez raison de poser la question parce que vous vous souvenez qu’on a déjà annoncé la révolution il y a quinze ans avec l’arrivée des banques en ligne, comme Fortunéo ou Boursorama. C’est vrai, elles ont créé de la concurrence, mais en réalité elles n’ont pas tout emporté sur leur passage : car les Français, au fond, hésitent à changer de banque. La demande de sécurité est énorme (c’est notre argent) et chacun sent bien qu’on ne devient pas banquier comme on devient chauffeur de taxi. Sauf que, cette fois, il y a une révolution technique qui séduit (un Français sur deux consulte son compte et faite des opérations sur son téléphone, et on va moins dans les agences) et il y a des marques très puissantes qui bousculent le jeu. Le succès de la concurrence dépendra aussi d’un autre élément : les clients se rendent-ils compte (ou pas) des frais de gestion prélevés par leur banque sur leur compte ? Il y a aura enfin les interrogations sur l’avenir des agences et des emplois qu’elles assurent partout en France. Au total, tout se ramènera quand même à une question que vous me permettrez de poser en souriant puisque nous sommes vendredi : a t on envie d’avoir son banquier dans la poche ?

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