Les racines du ras-le-bol fiscal

On sait que le gouvernement va annoncer ces toutes prochaines heures une baisse d’impôt pour un certain nombre de Français, pour une enveloppe de l’ordre d’un milliard d’euros en 2017. Eh bien, une étude de l’OFCE, l’Observatoire français des conjonctures économiques publiée hier montre qu’il est totalement exclu que cela suffise à effacer l’impression de hausse d’impôt que les Français peuvent ressentir depuis ce quinquennat Hollande et même la fin du quinquennat Sarkozy. Le chiffrage de l’OFCE est clinique, chirurgical et impressionnant. Au total, les prélèvements sur les seuls ménages ont augmenté de plus de 50 milliards d’euros depuis 2012 – ce qui est absolument inédit.

D’où vient ce total ?

Un quart a été voté sous le quinquennat précédent, les trois quarts sous celui-ci. Et contrairement à ce qu’on croit, depuis 2015, la pente est restée la même, montante, une pente bien plus douce et discrète certes, mais montante. Au total, une cinquantaine de milliards ont donc été prélevés sur les revenus des ménages. Comme ces revenus s’élèvent à 1.300 milliards, faites le calcul, cela représente une ponction de 4 à 5%. L’OFCE, peu suspecte d’être classée à droite, le dit : cela a cassé la croissance.

Pourquoi, avec le recul, le gouvernement s’est-il enfoncé dans ce cul de sac ?

C’est un point intéressant. C’est le résultat d’une magistrale erreur d’analyse économique et d’une auto-intoxication. Le gouvernement s’est persuadé –ou a fait semblant de se persuader- que, pour réduire le déficit budgétaire, relever les impôts pèserait moins sur la croissance que réaliser des économies dans les dépenses. Toutes les études académiques, notamment celles de Harvard, disaient le contraire. Mais le ministre du Budget d’alors avait dégotté, à l’été 2012, une note du FMI qui disait que dans le seul cas de la France, il valait mieux augmenter les impôts.

Pourquoi ?

Eh bien, c’était assez confus. Mais je dois dire que les médias ont acheté assez facilement cette thèse qui est aujourd’hui magistralement démentie. Depuis cette date, il y a eu des baisses de prélèvements mais pour les entreprises qui ont reconstitué des marges et recréé des emplois. Pour les ménages, c'est toujours marée haute. Pour l’anecdote, qui était le ministre du Budget qui nous promettait « les yeux dans les yeux » que tout irait bien ? Jérôme Cahuzac bien sûr.

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