Trois données sur le marché du travail publiées hier par l’Insee éclairent à votre avis le débat social.

Trois clés sur l'emploi
Trois clés sur l'emploi © Getty / Sylvain Lefevre

L’institut de la statistique a publié sa photographie annuelle du marché du travail et on y trouve des éléments éclairants et simples que l’on n’a pas forcément en tête. Cela concerne 2017, mais reste valable aujourd’hui.

La première information est que la proportion de Français actifs, au sens économique, c’est-à-dire en emploi ou en recherche d’emploi a retrouvé son niveau de 1975, à plus de 71 % pour les 15-64 ans. Pourquoi ? Parce que l’activité a beaucoup progressé chez les plus âgés, surtout chez les plus de 60 ans, avec les réformes des retraites.

Maintenant pourquoi est-ce intéressant ? Cela explique en partie que le taux de chômage résiste ces dernières années : les seniors quittent moins vite le marché du travail. L’hémorragie financière des retraites a été stoppée mais il y a un petit effet d’embouteillage depuis dix ans, qui est toutefois en train de se résorber.

Deuxième information relevée ?

La part des salariés en contrat à durée indéterminée. On a l’impression, à entendre le débat public, que la quasi-totalité des Français sont en CDD ou en intérim, bref en contrats précaires. C’est faux. 84,6 % des salariés sont en CDI. C’est vrai que c’était deux points de plus il y a dix ans. C’est vrai aussi que l’Insee inclut très bizarrement les fonctionnaires dans son décompte (sans eux, le chiffre tournerait autour de 81%). Mais la France n’est pas un pays où l’emploi stable a disparu. Plus de huit salariés sur dix du secteur privé sont donc en CDI. En revanche, c’est vrai encore : les jeunes mettent du temps à obtenir ce CDI et des entreprises abusent des stages et CDD.

Et puis quoi enfin ?

Une banalité, une évidence, mais qu’il faut toujours rappeler. Le chômage est incroyablement lié au niveau de formation. Il est de quasiment 20% chez les non ou très peu diplômés, 20 % ! Il est de 10 % chez les titulaires d’un CAP et du Bac. Mais de seulement 5 à 6 % avec un Bac + 2 et au-delà. Le risque de chômage est donc quatre fois moins élevé avec quelques années d’études. Au total, que conclure de tout cela ? Les tendances lourdes du marché du travail sont aussi passionnantes que l’écume des jours.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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