Télé et télécoms : quand les « tuyaux » se rebiffent … et gagnent.

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Je reconnais que c’est un lancement un peu abscons que je vous ai proposé. De quoi parle-t-on ? De la bataille qui oppose BFMTV, qui veut que les opérateurs télécoms la rémunèrent pour diffuser son contenu, et en face ces opérateurs télécoms qui refusent. L’enjeu est que les recettes publicitaires ne sont pas au plus haut et qu’entretenir une chaîne gratuite d’infos en continu coûte cher. Après des mois de négociations infructueuses, Free, la société de Xavier Niel, avait coupé il y a quelques jours sur ses box le signal de BFMTV, de RMC Découverte et de RMC Story, les chaînes du groupe Altice de Patrick Drahi. A ce moment, l’issue de la bataille était incertaine : Free allait-il plier si ses abonnés privés de BFMTV râlaient ? Mais voilà, la victoire a changé de camp hier matin quand Orange a décidé, à 9 heures, de couper à son tour le signal de BFMTV. Orange, l’accident devenait industriel : 18 millions de Français sans BFM. Penaud, Alain Weill, le patron de la chaîne d’infos, a dû en rabattre : le risque était la fuite des téléspectateurs vers LCI. Seule TF1 a le poids de faire payer ses services replay par exemple. Quelle leçon ? Au-delà de cet épisode un peu pointu je le reconnais, la question posée est doublement intéressante. Un : qui produit de la valeur ? La chaîne qui emploie près de 300 journalistes, les envoie partout et organise des débats 24 heures sur 24 ou l’opérateur télécom qui dépense des fortunes (et vraiment des fortunes) pour que chaque Français partout ait Internet et demain la fibre. Je vous laisse réfléchir. En tous cas, depuis des années, ce sont les « industriels » du contenu (TF1, Google etc.) qui remportaient les batailles. Cette fois, les tuyaux ont gagné. Mais, second point : les télés comme BFM vont-elles pouvoir se refaire ? Oui, avec les télés locales et la publicité locale et hyper ciblée. BFM vient ainsi cette semaine de lancer sa chaîne lyonnaise comme il y en a une à Paris. La politique a l’air bien loin, l’est-elle vraiment ? Sur ce point, on ne peut émettre que des hypothèses. BFMTV a donc perdu parce que Orange est entré dans la partie. L’Etat est présent au capital d’Orange. Si le gouvernement avait voulu aider les finances de BFM, il aurait pu demander à Orange de ne pas bouger. Il ne l’a pas fait. Gouvernement qui -on le sait- n’a pas vraiment apprécié la couverture de l'affaire Benalla et des Gilets Jaunes par BFM. Mais voilà, cette lecture vaguement complotiste aurait du sens si la décision d'Orange ne correspondait pas aussi à son l’intérêt économique. Elle n'en a, bien sûr, donc pas

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