Est-ce que plus de 3 ans après le référendum sur le Brexit, le Royaume-Uni va enfin se décider à sortir de l’Union européenne ?

Le 9 juillet 2019, Boris Johnson qui n'était pas encore 1er ministre visitait le chantier de l'aéroport de Manchester, en attendant de s'attaquer au chantier économique et politique du Brexit.
Le 9 juillet 2019, Boris Johnson qui n'était pas encore 1er ministre visitait le chantier de l'aéroport de Manchester, en attendant de s'attaquer au chantier économique et politique du Brexit. © AFP / Stefan Rousseau

En tout cas, le nouveau Premier Ministre Boris Johnson parait très déterminé, il considère qu’il est plus que temps d’en finir avec cette interminable procédure de divorce. 

D’ailleurs les Anglais n’en peuvent plus. Et après l’échec de Theresa May à vendre à son Parlement le compromis péniblement conclu avec les Européens, son successeur répète sur tous les tons qu’il sortira de l’Union européenne le 31 octobre prochain qu’il y ait un accord ou pas. 

Alors ça n’a rien d’évident car chacun sait qu’une sortie sans accord, ce qu’on appelle un « hard Brexit », va faire des dégâts sur l’économie britannique plus encore que sur l’économie européenne. Mais désormais les Européens sont convaincus que Boris Johnson ne bluffe plus et la sortie sans accord est devenu le scénario central.

L'impact d'un Brexit dur sur l’économie britannique

Il faut rester prudent. L’effondrement de l’économie annoncé par la plupart des experts au moment du référendum n’a pas eu lieu. L’activité a bien résisté pendant ces années de négociations mais la croissance a quand même ralenti. Et la Banque d’Angleterre redoute le "choc" que va provoquer un Brexit sans accord pour l'économie britannique. 

Et je la cite : « Des entreprises ne seront plus en capacité de fonctionner » et « un nombre important » pourrait fermer. Un exemple : dans le secteur automobile, les investissements ont chuté de 70% au cours des 6 premiers mois de l’année. Quel intérêt de continuer à investir pour assembler des voitures qui subiront des droits de douane supplémentaires à leur entrée sur le sol européen ? BMW a d’ailleurs averti qu'un Brexit sans accord pourrait l'obliger à arrêter de fabriquer la Mini dans son usine de Cowley près d'Oxford, mettant en danger plus de 4500 emplois.

Mais concrètement c’est quoi un Brexit sans accord ?

Ca signifie que tous les liens juridiques économiques financiers et commerciaux qui unissent depuis plus de 45 ans le Royaume Uni à l’Europe seront rompus du jour au lendemain et sans promesse d’un nouvel accord de coopération. On peut s’attendre à une tempête financière et une chute de la livre qui a déjà perdu près de 20% de sa valeur depuis le référendum. Sans compter les droits de douanes qui vont être rétablis sur les produits britanniques entrant sur le territoire de l’Union, les hausses de prix, les risques de pénurie et les innombrables perturbations que va créer le retour des frontières. Les Britanniques vont aussi perdre le bénéfice de la centaine d’accords commerciaux de l’Europe avec les pays tiers et ils devront les renégocier, ce qui prendra des années. 

Boris Johnson semble prêt à prendre tous les risques en sortant de l’Europe à la hussarde. A moins à moins qu’il ne relise Shakespeare. « Ce qui est fait et fait et ne peut se défaire ». 

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