Les compagnies aériennes ont été parmi les entreprises les plus durement frappées par le confinement. On commence à se faire une idée de l’ampleur des dégâts.

Les compagnies aériennes ont présenté leurs résultats : quel avenir pour le transport aérien ?
Les compagnies aériennes ont présenté leurs résultats : quel avenir pour le transport aérien ? © AFP / NICOLAS ECONOMOU / NURPHOTO

Avec les résultats publiés hier par l’allemand Lufthansa, on sait que les trois grands groupes européens, parmi lesquels il y a aussi Air-France-KLM et British Airways-Iberia, ont perdu 12 milliards d’euros sur la première moitié de l’année, autant que ce que toutes les compagnies européennes avaient gagné les deux années précédentes.

Du coup, les pilotes voient leur salaire baisser d’une manière ou d’une autre, Air France et le groupe Lufthansa vont supprimer un emploi sur six, British Airways un sur quatre. Autant dire que cette industrie est sinistrée, même si les aides des Etats ont évité la faillite.

A l’échelle mondiale, le chiffre d’affaire du secteur devrait baisser de plus de 400 milliards de dollars cette année. C’est vertigineux.

Les avions ont recommencé à voler… 

La low cost Ryanair a par exemple tourné à 40% de ses capacités en juillet et prévoit 60% ce mois d’août. Mais le mouvement est lent. 

L’IATA, qui est l’association internationale du transport aérien, estime que le trafic mondial retrouvera son niveau d’avant-crise seulement en 2023. Et l’opérateur ADP prévoit que le retour au trafic 2019 sur les aéroports de Roissy et d’Orly aura lieu quelque part entre 2024 et 2027.

Si le rétablissement du trafic aérien prend autant de temps, c'est que parce que nous ne sommes pas sortis de l’épidémie. 

  1. Si ça va moins mal qu’au printemps en Europe, on ne peut pas en dire autant aux Etats-Unis, et les craintes sont fortes pour l’automne.

  2. Et puis les touristes ont moins envie de voyager, du moins pour l’instant. Ils ont été échaudés, et les compagnies vont réduire leur offre.

  3. Enfin et surtout, les voyages d’affaires ne sont plus ce qu’ils étaient. Pendant trois mois, les entreprises ont découvert qu’elles pouvaient organiser en mode virtuel des réunions internes, et aussi des rendez-vous commerciaux, en économisant à la fois de l’argent et du temps.

Alors bien sûr, les cadres vont continuer de prendre l’avion pour des gros contrats ou des grands-messes, mais beaucoup moins qu’avant.

Or pour les compagnies aériennes, les voyages en classe affaires sont précieux. C’est là qu’elles gagnent le plus d’argent.

Au moins en Europe et aux Etats-Unis, l’âge d’or du transport aérien est peut-être derrière nous, à cause d’un petit virus et non de normes environnementales plus sévères.
 

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