Ces derniers jours, ont été publiées plusieurs informations intéressantes sur la situation financière des hôpitaux. Et il y a des surprises.

L’information la plus récente date d’hier, c’est un point fait par la banque Dexia, très crédible sur le sujet. Ce qui frappe, à la lecture des batteries de courbes, de camemberts et d’histogrammes en couleur, c’est une chose simple : l’importance des investissements réalisés par les hôpitaux ces dernières années. On a tous en tête le déficit de tel ou tel établissement en difficulté, à Paris et ailleurs. Mais globalement, beaucoup d’argent a été mis sur la table pour rénover le parc immobilier, acheter des scanners, des IRM, etc. Il faut savoir qu’un appareil d’imagerie -un seul- coûte de un à cinq millions d’euros. Pour rattraper un retard abyssal, en 2003, Jacques Chirac avait lancé un premier plan pour l’hôpital. La facture est passée de 7 à 18 milliards d’euros. En 2007, Nicolas Sarkozy a lui aussi lancé son programme : « Hôpital 2012 ». Donc, de ce côté là, les patients peuvent être contents.

Mais d’autres éléments datant de deux semaines et passés inaperçus sont tout aussi significatifs. Une information publiée au début de la catastrophe japonaise et donc tombée dans un trou médiatique. Ce qui a arrangé le gouvernement et vous allez voir pourquoi. On a appris qu’en 2009 et pour la première fois depuis des lustres et des lustres, les effectifs dans les hôpitaux publics avaient reculé de 8.000 postes. Sur 820.000, ce n’est pas énorme, mais les pouvoirs publics ont toujours juré que ce n’était pas le cas. 2010 et 2011 s’annonce du même acabit. Alors, soyons précis avant de juger. Cette économie concerne surtout les agents d’entretien, dont l’activité est sous-traitée au privé. Le nombre de médecins à l’hôpital a augmenté, lui, de 15% en cinq ans.

Les syndicats, eux, affirment que le nombre d’infirmières a reculé –ce que ne confirment pas les statistiques officielles.

Plus d’investissements d’un côté, moins de personnels de l’autre : c’est un choix assumé ? Au total, 1% d’effectifs en moins, c’est peu, mais c’est beaucoup aux yeux d’un milieu hospitalier dévoué, qui constate que les urgences sont saturées. Sur le fond, est-ce un choix assumé ? Oui. L’hôpital public est dans une situation financière difficile qui lui impose des efforts formidables. Il faut savoir qu’en huit ans, les dépenses hospitalières ont gonflé de 40% et que le gouvernement serre fort, très fort, la vis sur les recettes. 40% en plus, difficile de parler de rationnement ! Mais c’est vrai, les économies, violentes parfois, existent. Cela étant, les critiques se mêlent aussi à d’autres débats : sur le refus des regroupements de services, justifiés par des raisons autant médicales que financières.

L’ancien ministre socialiste Claude Evin, président de l’Autorité ad hoc d’Ile-de-France est tout sauf un fou furieux.

Le principal problème de l’hôpital est donc financier ? Non, la France est le deuxième grand pays pour les dépenses de santé (après les Etats-Unis). Le vrai problème est ailleurs, dans le déclin programmé de la médecine de ville qui joue comme un vase communiquant avec l’hôpital. A peine 10% des nouveaux médecins tout frais choisissent l’exercice en cabinet libéral.

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