Dominique Seux révèle ce matin des informations sur les 50 milliards d'euros d'économies dans les dépenses publiques que prépare le gouvernement.

Oui, exactement. Manuel Valls n'en parlera a priori pas demain à l'occasion de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale. Demain, ce sera le temps du Pacte de responsabilité et de solidarité - puisque c'est comme cela paraît il qu'il s'appelle désormais. Le premier ministre annoncera les mesures de baisse du coût du travail et fiscale pour les entreprises ainsi que la disposition sur laquelle il travaille pour le pouvoir d'achat des salariés les moins payés. Évidemment, ce plan n'est pas gratuit et il faut le financer comme il faut continuer à diminuer le déficit public : d'où les économies.

Encore quelques secondes avant la fin du suspense, avec une précision méthodologique.

Importante, je crois. Quand on parle de 50 milliards d’euros d'économies, il n'est pas question que les dépenses publiques diminuent de 50 milliards ; il s'agit qu'elles augmentent moins rapidement. L'objectif est de ralentir leur augmentation naturelle. Par exemple, personne n'imagine vraiment que l'on puisse geler totalement les dépenses de santé, le vieillissement de la population induit que les frais d'assurance maladie progressent ; mais il faut qu’elles grimpent moins vite que jusqu’à maintenant. Le point important est que comme c'est le gouvernement qui définit ce qu'est la tendance haussière, c’est lui qui cale le thermomètre. Pour parler comme André Manoukian, c’est lui qui écrit la musique. Concrètement, les dépenses publiques s'élevaient à 1.176 milliards fin 2013, 40% de plus qu'il y a dix ans. Elles resteront supérieures à ce chiffre malgré les économies !

Soyons concrets : quelles sont les pistes ?

Les travaux du Conseil stratégique de la dépense publique qui s'est réuni plusieurs fois autour de François Hollande à l'Elysée ont conclu que l'Etat doit économiser 17 milliards d’euros, la sécurité sociale 23 milliards et les collectivités locales 10 milliards. La mesure la plus emblématique serait (je dis serait) la poursuite du gel du point de la fonction publique en 2015 et 2016 - la dernière mesure générale pour les fonctionnaires date de l'été 2011. Si les recrutements dans l'éducation nationale sont moins élevés que prévu, ce qui est possible, le nombre de fonctionnaires de l’Etat baissera. Au-delà, les dépenses de l'Etat seraient toujours gelées en euros pour laisser celle de la sécu augmenter de 1,75 ou 2%.

Mais c'est sur les collectivités locales que l'effort serait massif.

Oui, les dotations de l'état aux communes, aux départements, aux régions baisseraient de 10 milliards d'euros. C'est beaucoup.

Est ce que tout cela est gravé dans le marbre ?

Presque, pas totalement. Manuel Valls aura son mot à dire. Et la pression des élus de gauche assez remontés actuellement va compter. Le point le plus crucial, c’est le gel du point, il ne concernera peut-être pas les plus bas salaires. Le gel est une mesure injuste et idiote, mais faute d'avoir fait des économies ailleurs en réorganisant les missions et en évitant les doublons entre les échelons administratifs, il n'y a pas beaucoup d'autres solutions. Autant vous dire que cela va tanguer.

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