Le conseil d’administration d’Orange se réunit aujourd’hui pour étudier la vente de Dailymotion au groupe de communication Vivendi.

L’avenir de la plate-forme française de vidéos Dailymotion est un sujet dont on parle souvent depuis deux ans, qui pourrait connaître une issue favorable avec Vivendi - en tous cas c’est mon avis. Adosser un des succès tricolores dans le numérique à un des groupes français les plus internationalisés constitue a priori une bonne idée. On se souvient qu’il y a une semaine, le gouvernement avait bloqué (c’était dit en termes plus fleuris, mais c’était cela) le partenariat entre Dailymotion et un groupe chinois. Ce chinois serait resté minoritaire et lui aurait ouvert les portes de l’Asie. Franchement, l’idée n’était pas idiote, mais s’il y a une solution française qui a plus d’atouts, pourquoi pas.

D’abord, Dailymotion, c’est quoi exactement ?

C’est tout bonnement le premier site Internet français dans le monde. Une plate-forme qui diffuse des vidéos, 130 millions de personnes qui l’utilisent chaque mois et regardent un milliard de vidéos. Les auditeurs de France Inter connaissent Dailymotion puisque c’est là que l’on trouve les vidéos d’Inter enrichies avec des graphiques. Attention, Dailymotion, bien que très implanté aux États-Unis, est bien plus petit que YouTube : sa vertu première est d’avoir résisté à la domination de YouTube, qui appartient à Google. Son problème est d’être trop petit.

Pourquoi Orange ne veut pas garder Dailymotion, c’est le même domaine, non ?

Sous la pression de l’État, Orange a mis ces dernières années 160 millions d’euros pour aider cette entreprise et la développer. Mais les synergies n’ont pas marché. En fait, non, ce n’est pas tout à fait le même métier. Orange, ce sont des tuyaux qui transportent de l’image, de la voix, des données. Dailymotion est une plate-forme qui diffuse des contenus, des films, des vidéos, c’est donc autre chose.

Et Vivendi correspond mieux aux besoins de Dailymotion ?

Vivendi, c’est le numéro deux mondial du divertissement et des contenus ; c’est Universal Music, c’est bien sûr Canal Plus (dont on voit les vidéos, au passage, sur YouTube !). Vincent Bolloré qui est à la manœuvre, est prêt à mettre 250 millions d’euros sur la table pour Dailymotion. L’intérêt de Vivendi, on le voit : c’est de diffuser ses contenus sur la plate-forme, pas seulement sur les télévisions comme il le fait avec Canal mais sur les tablettes et les smartphones. On attend donc maintenant de Vivendi qu’il explique pourquoi c’est l’intérêt de Daily Motion aussi d’être repris. Cela étant, on se calme : on parle beaucoup de Dailymotion en France parce qu’on n’a pas beaucoup de champions numériques à se mettre sous la dent ! Et on peut se dire : l’enjeu n’est pas aussi stratégique que nos sous-marins nucléaires ! Et puis on réfléchit une minute et on se dit : ben, peut-être que si, c’est vraiment stratégique !

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