La fermeture de Fessenheim ne sera pas lancée avant la fin du quinquennat de François Hollande.

Oui, c’est le conseil d’administration d’EDF qui s’est réuni hier après-midi qui a tranché et la conclusion est simple : François Hollande rate sa sortie nucléaire. En 2012, il avait promis que la centrale de Fessenheim fermerait avant la fin 2016. Puis, on est passé à la promesse que la décision de fermeture serait prise avant la fin du quinquennat. Ce n’est pas le cas, l’alliance de la direction de l’entreprise, de tous les syndicats et des administrateurs indépendants a fait perdre son bras de fer au ministre de l’Energie, Ségolène Royal. Certes, le principe de la fermeture est acté, mais avec de telles conditions qu’elle peut ne pas avoir lieu. Si d’autres centrales étaient déclarées inaptes au service par l’Autorité de sûreté au cours des années qui viennent, Fessenheim sauverait sa peau. Si cela n’arrive pas, la centrale fermera au plus tôt quand l’EPR de Flamanville entrera en service, fin 2018-début 2019. Et on sait que des retards sont possibles. Bref, c’est une étape de plus dans une bagarre de cinq ans et du temps gagné pour EDF, qui ne voit pas de raison de se priver du chiffre d’affaires que lui rapporte l’électricité de Fessenheim achetée par les Allemands. En définitive, il restera dans l’opinion le double sentiment étrange que cette fermeture avait surtout été souhaitée pour arracher un accord électoral avec les Verts et que l’État, actionnaire à 80 %, n’est pas le patron.

Donc, défaite pour François Hollande, mais est-ce une victoire pour EDF ?

C’est une victoire au goût amer. Ces dernières années, l’image d’EDF et de son modèle énergétique s’est dégradée. Le groupe défend mordicus le nucléaire qui a assuré l’indépendance énergétique de la France à un coût jusque là réduit, mais il apparaît assez clairement que le nucléaire est de moins en moins compétitif en termes de coût, relativement aux nouvelles énergies renouvelables comme le solaire. Or en 2015, l’électricité d’EDF était encore à 90 % d’origine nucléaire et à …0,6 % d’origine renouvelable non hydraulique, deux fois moins que le charbon. Ne pas jeter de l’argent par les fenêtres en gaspillant le capital investi dans les centrales est bien, mais préparer l’avenir serait quand même mieux.

De : LELAY Marion

Envoyé : vendredi 7 avril 2017 07:53

À : BLUTEAU Mariel; AUDIGIER Anne

Objet : Seux texte OK

titre :

Hollande rate sa sortie nucléaire

La fermeture de Fessenheim ne sera pas lancée avant la fin du quinquennat de François Hollande.

Oui, c’est le conseil d’administration d’EDF qui s’est réuni hier après-midi qui a tranché et la conclusion est simple : François Hollande rate sa sortie nucléaire. En 2012, il avait promis que la centrale de Fessenheim fermerait avant la fin 2016. Puis, on est passé à la promesse que la décision de fermeture serait prise avant la fin du quinquennat. Ce n’est pas le cas, l’alliance de la direction de l’entreprise, de tous les syndicats et des administrateurs indépendants a fait perdre son bras de fer au ministre de l’Energie, Ségolène Royal. Certes, le principe de la fermeture est acté, mais avec de telles conditions qu’elle peut ne pas avoir lieu. Si d’autres centrales étaient déclarées inaptes au service par l’Autorité de sûreté au cours des années qui viennent, Fessenheim sauverait sa peau. Si cela n’arrive pas, la centrale fermera au plus tôt quand l’EPR de Flamanville entrera en service, fin 2018-début 2019. Et on sait que des retards sont possibles. Bref, c’est une étape de plus dans une bagarre de cinq ans et du temps gagné pour EDF, qui ne voit pas de raison de se priver du chiffre d’affaires que lui rapporte l’électricité de Fessenheim achetée par les Allemands. En définitive, il restera dans l’opinion le double sentiment étrange que cette fermeture avait surtout été souhaitée pour arracher un accord électoral avec les Verts et que l’État, actionnaire à 80 %, n’est pas le patron.

Donc, défaite pour François Hollande, mais est-ce une victoire pour EDF ?

C’est une victoire au goût amer. Ces dernières années, l’image d’EDF et de son modèle énergétique s’est dégradée. Le groupe défend mordicus le nucléaire qui a assuré l’indépendance énergétique de la France à un coût jusque là réduit, mais il apparaît assez clairement que le nucléaire est de moins en moins compétitif en termes de coût, relativement aux nouvelles énergies non renouvelables comme le solaire. Or en 2015, l’électricité d’EDF était encore à 90 % d’origine nucléaire et à …0,6 % d’origine non renouvelable non hydraulique, deux fois moins que le charbon. Ne pas jeter de l’argent par les fenêtres en gaspillant le capital investi dans les centrales est bien, mais préparer l’avenir serait quand même mieux.

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