Le transport aérien est le secteur économique le plus à l’arrêt de tous et ce sera un des derniers à rebondir. Il y aura un avant et un après.

Les avions restent sur le tarmac
Les avions restent sur le tarmac © Getty / d3sign

C’est le secteur qui subit la panne la plus importante depuis 1940. Soyons concrets : hier à cette heure, il y avait sept vols au-dessus du territoire français, contre une centaine normalement. Sur l’ensemble de la planète, Air France-KLM affichait 18 vols, contre un gros millier habituellement. J’invite les auditeurs à regarder sur leurs téléphones les applications qui montrent le trafic aérien en temps réel : c’est spectaculaire. 

Conséquence de tous ces avions au parking, c’est à la fois le rétablissement des frontières et des pertes abyssales pour les compagnies. Il y aura des faillites et des nationalisations, Paris et La Haye vont d’ores et déjà prêter 6 milliards à Air France-KLM. 

Alors, est-ce que cela va durer ? 

On n’attend pas de rebond avant 2021. Pourquoi ? Pour trois raisons. 

  • Un : l’épidémie va ralentir en Europe, mais elle débarque aux Etats-Unis, et Dieu sait où elle ira après. Les fermetures et réouverture des lignes seront progressives. 
  • Deux : les voyages d’affaires auront du mal à repartir si les entreprises vont mal –c’est ce qu’elles économisent en premier. 
  • Trois : avec le chômage, le tourisme aura du plomb dans l’aile, sans compter la crainte psychologique : si je monte dans un avion, serais-je sûr que mon voisin ne va pas me contaminer ? 

Au total, l’équivalent de quinze années de croissance a été effacé en trois coups d’ailes, et Airbus et Boeing, qui fabriquent et vendent les avions, vont connaître un gros trou d’air. 

Bref, ce n’est pas optimiste. Même si je dois dire qu’après les attentats du 11 septembre 2001, comme après la crise financière de 2008, il y avait eu aussi moultes projections noires qui se sont révélées totalement fausses.

Et au-delà ?

Au-delà, le paradoxe et l’ironie sont que la critique de la mondialisation portait sur la circulation des marchandises, qui n’est absolument pas en cause avec le virus. C’est la circulation des personnes qui accélère sa transmission et qui en est une des grandes victimes. 

  • Aurons-nous, à moyen terme, moins envie de sauter dans un avion pour rejoindre Barcelone pour 40 euros ? On verra. La Corrèze plutôt que le Zambèze ? On verra. 
  • Seconde question ouverte : le développement inouï du télétravail et des télécommunications visuelles va-t-il changer notre relation au transport et à l’espace ? Peut-être. Peut-être pas. On verra aussi.
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