Le FMI a présenté mardi ses nouvelles prévisions économiques. Lecture optimiste : la reprise est là. Lecture pessimiste : l'Europe et la France sont distancées.

Lumières et ombres de la croissance économique mondiale
Lumières et ombres de la croissance économique mondiale © Getty / Andriy Onufriyenko

Oui, c’est de la lumière qu’a apporté hier le Fonds monétaire international en prévoyant une croissance de 6% cette année. C’est un vrai rebond, qu’il faut naturellement prendre avec des pincettes parce que le FMI est toujours optimiste en début d’année, mais cet optimisme est nourri par l’avancée des campagnes de vaccination. 

Vous savez que j’aime vous informer de cette avancée : eh bien, la barre des 700 millions de vaccinations est quasiment atteinte ce matin, 200 millions de plus en deux semaines seulement. Au palmarès de la croissance, la Chine roulerait cette année à plus de 8%, les Etats-Unis à un peu plus de 6% grâce à leur plan de relance et leur campagne vaccinale record. La zone euro, elle, serait autour de + 4%, avec l’Allemagne entre 3 et 4% et la France entre 5 et 6%. 

Mais là, attention aux effets d’optique : c’est exactement comme dans un trampoline, celui qui est descendu plus bas rebondit plus haut, c’est ce qui passe entre la France et l’Allemagne.

Bref, au total et pour résumer tout cela en quatre mots : le Fonds monétaire International voit la lumière au bout du tunnel. 

Les ombres ? 

Les gouvernements, sur toute la planète, ont injecté au total 16.000 milliards de dollars de mesures budgétaires pour amortir le choc du coronavirus (c’est énorme). Mais évidemment, les pays riches en ont plus les moyens que les pays pauvres. 

L'an dernier, après plusieurs décennies de recul, le nombre de personnes vivant dans la misère.

Et puis, et puis, quand on farfouille dans les documents du FMI, on s’inquiète du risque de décrochage entre les Etats-Unis et l’Europe, et en Europe, entre l’Allemagne et la France. 

En 1980, le PIB par habitant d’un Français, c’est la richesse produite par habitant, ce PIB était 10% moins élevé que celle d’un Américain. Aujourd’hui, l’écart est de 27%, indique l'économiste Denis Ferrand (Rexecode)

En 1980, l’écart entre un allemand et un français était de 5%, il est aujourd’hui de 13%. 

Bien sûr, la répartition de la croissance et des revenus est aussi importante, mais disons que la France, pays qui adore débattre de la décroissance, met en pratique avec efficacité la décroissance relative. Une efficacité que personne, c’est étrange, nous envie.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter