Ce matin, vous saluez les succès commerciaux d’une entreprise publique, la SNCF.

Oui, cela peut paraître bizarre après la nouvelle panne dimanche dernier, à Montparnasse. Mais c’est vrai que la SNCF a mis en œuvre, ces derniers temps, une politique commerciale efficace sur les TGV. Depuis le début de cette année, ils ont transporté huit millions de passagers de plus que sur la même période de 2016. Alors, comment cela s’explique-t-il ? Certes, 2016 avait été une année d’attentat (Nice) et certes, en sens inverse, la grande vitesse a été étendue vers Bordeaux et la Bretagne en 2017. Mais ce n’est pas le premier facteur. Le premier facteur est que la SNCF a décidé d’entrer dans la guerre des prix, face au covoiturage, à l’avion et au car. L’offre low-cost Ouigo fonctionne sur vingt-deux destinations désormais, elle va continuer à se déployer et il existe des petits prix sur les TGV classiques hors période de pointe. Existe ainsi désormais TGV max, l’abonnement illimité à 79 euros par mois, qui compte désormais près de 100.000 jeunes abonnés et dope le trafic. Au total, longtemps, pour faire face à la hausse de ses coûts, la SNCF augmentait ses prix. Désormais, elle cherche à remplir ses trains, c’est une bonne stratégie. Beaucoup de monde s’est moqué de la marque « oui » - oui.sncf (le renseignement depuis hier), OuiGo, Ouicar, et je dois dire que je n’ai pas résisté, ici il y a quelques mois, à cette tentation. Mais disons aussi que le service client avance : le wifi est disponible dans 80% des TGV.

Tout n’est pas réglé pour autant

Non. L’information des voyageurs reste un point noir. Et sur le plan économique, une grande partie des TGV restent non rentables en raison de charges élevées, et pas seulement salariales. Le poids des péages pour circuler sur le réseau et le remboursement d’une énorme dette pèsent lourd sur les comptes. Le débat est du coup récurrent sur la reprise d’une partie de cette dette par -devinez qui- les contribuables, en échange d’efforts sur les coûts et par exemple le régime de retraites. Mais on s’arrête là : parce que mon temps est écoulé, et qu’on veut d'abord saluer une stratégie commerciale réussie. Et je le précise à toutes fins utiles : cette chronique n'est pas sponsorisée par un Guillaume Pépy un peu sur la sellette.

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