Les transformations sociologiques et démographiques de la France expliquent en partie aussi les difficultés d'un certain nombre de Français. Et d'abord la poussée du nombre de familles monoparentales.

Des Gilets jaunes discutent avec les gendarmes
Des Gilets jaunes discutent avec les gendarmes © AFP

Depuis des semaines, on disserte sur les raisons de la colère -pas celle des fous furieux, celle des Gilets Jaunes disons de bonne foi. La fracture territoriale, les métropoles contre le reste de la France. La hausse des impôts sur le gazole. Le ras le bol fiscal plus général. Les 80 km/h. Le tassement du pouvoir d’achat à cause des dépenses contraintes : portable, énergie, les carburants encore. Les inégalités et la suppression de l’ISF. 

Il y a de tout cela. 

Mais la lecture de données publiées sur le site de l’Insee cette semaine apporte un éclairage complémentaire, et intéressant parce qu’il résonne avec les images des Gilets Jaunes que l’on entend ces dernières semaines aux micros des radios, de la presse et devant les caméras de télévision : la présence d’un nombre élevé de parents élevant seuls des enfants. 

L’évolution des structures familiales peut être aussi un facteur explicatif de difficultés à boucler les fins de mois. C’est une lapalissade : c'est moins facile seul qu’à deux. 

1 - L’Insee indique que les enfants sont élevés désormais dans presque un cas sur quatre par une personne seule, la plupart du temps une femme. 

2- Le nombre de familles monoparentales a explosé en vingt ans, + 43%. 

3 - A l’heure actuelle, il y a davantage de personnes vivant seul (35% des Français) que vivant à deux, ce qui est récent. S’il s’agit souvent de personnes âgées, ce n’est pas seulement le cas. 

Bref, c’est un changement historique des modes de vie qui a de lourdes conséquences économiques, pour se loger, se déplacer, élever des enfants, travailler etc. 

Il serait totalement idiot de ne prendre en compte que ce facteur, mais l’évolution sociologique compte.  

Qu’en conclure ? Eh bien, c’est la difficulté justement : rien, absolument rien. C’est d’autant plus compliqué d’en tirer des conclusions que l’on n’a aucun moyen de savoir quelle est la structure démographique de ces Français qui travaillent, qui ont du mal à boucler les fins de mois et qui sont mobilisés et dont sur les barrages. On peut seulement constater que plus de 40% des moins de 65 ans sous le seuil de pauvreté sont des personnes seules ou monoparentales. 

Les systèmes sociaux s’adaptent, il y a des aides ciblées, pour les gardes d’enfants, les parents isolés, mais c’est un bouleversement plus récent qu’on ne croit, dont évidemment ni les familles concernées ni les entreprises ni l’Etat ne sont responsables. Il est très compliqué de trouver des solutions. C’est une réalité, tout simplement.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.