La métallurgie allemande a conclu hier un accord ouvrant la voie aux 28 heures hebdomadaires.

Le sujet est assez sensible pour que dès l’accord conclu entre IG Metal et le patronat, on entende des avis tranchés. La CGT applaudit tandis que le Medef explique que cet accord n’est pas transposable en France. 

Il ne fait aucun doute que le droit aux 28 heures constitue une vraie innovation dans un pays, l’Allemagne, et un secteur, la métallurgie, qui ont « inventé » les 35 heures en 1984. Du coup, la tentation est forte de voir une porte, celle de l’Histoire, qui s’ouvre pour tous les salariés européens. Voire une défaite, enfin, du capital face au travail. Des grands mots, quoi ! 

Alors ? Bien sûr, l’Allemagne et sa puissante industrie ont des moyens que d’autres n’ont pas, la hausse des salaires est vraiment rondelette. Mais le plus intéressant est de regarder le contenu concret du compromis, qui est l’exact inverse de la façon dont les 35 heures sont arrivées en France. 

-Les 28 heures sont un droit, facultatif, temporaire (deux ans maximum) et, surtout elles seront payées 28 heures (sauf exceptions). De ce fait, les économistes allemands estiment qu’elles auront peu de succès. 

- Le passage aux 35 heures (en 2000), lui, avait été général, obligatoire, définitif et les 35 heures ont été payées 39 heures -sans perte de salaire. De plus, l’accord allemand prévoit la possibilité d’augmenter le temps de travail. Pour achever la comparaison, sachez que les fonctionnaires allemands travaillent environ 40 heures par semaine. 

Osons l'indicible : les manques de personnel dans certains secteurs publics en France sont une des conséquences inavouables de la réduction du temps de travail, qui a réduit les effectifs avant même le «un sur deux» de Sarkozy. Paris-Berlin : deux méthodes.

Vous revenez aussi sur le sujet de votre édito de lundi matin 

On a évoqué la condamnation de notre confrère Challenges par le tribunal de commerce de Paris pour avoir révélé une information précise sur la difficulté financière d’une entreprise - la nomination d’un mandataire ad hoc. Comme d’autres médias, je n’avais pas donné le nom de l’entreprise pour que Radio France ne soit pas condamnée financièrement à son tour. Eh bien, hier soir, les sociétés de journalistes d’une dizaine de médias se sont élevées contre cette atteinte au droit d’informer et dévoilent toutes le nom de l’entreprise en question : Conforama.

Solidaires avec « Challenges » pour la liberté d’informer

  • Les sociétés des journalistes et sociétés des rédacteurs et du personnel des Echos, du Point, de L'Humanité, de Premières lignes, du Figaro, de TF1, de Libération, du Monde, de TV5 Monde, de l'AFP, de Médiapart, de France 3, de Bfmtv, de Télérama, de France 2, de RTL, de France 24, de France Inter, de l'Express, de la Fédération française des agences de presse et ses trois syndicats (SAPHIR, SAPIG, SATEV) ainsi que la rédaction de l'Ebdo, Alternatives économiques et Abacapress s'indignent de la récente  condamnation de « Challenges » par le Tribunal de commerce de Paris , au motif que notre confrère aurait enfreint le secret des affaires. 
  • L'hebdomadaire économique a été sévèrement sanctionné - retrait d'un article paru sur Internet ; interdiction de traiter l'affaire en question sous peine d'amende ; règlement des frais de justice - pour avoir informé ses lecteurs d'une procédure de « mandat ad hoc » concernant Conforama. 
  • Le code du commerce qui impose un caractère confidentiel à une telle procédure a prévalu sur la liberté d’informer, l’un des principes fondamentaux de la République française et l’une des conditions de sa vitalité. Des juges issus du monde de l’entreprise ont de facto prononcé une décision transformant la liberté d’informer en délit.
  • Nous dénonçons ce jugement qui menace l’exercice de la profession de journaliste, en particulier de journaliste économique. Nous demandons aux pouvoirs publics, mais aussi à la justice, de garantir pleinement la liberté d’informer de manière indépendante et rigoureuse, garante d’une véritable démocratie. 
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