**Le Medef, l’organisation patronale dirigée par Laurence Parisot, a connu hier une journée mouvementée.Oui, parce qu’il est arrivé un événement qui, normalement, n’aurait même pas mérité qu’on en parle mais qui, en ce moment, fait du bruit dans les milieux patronaux de France et de Navarre. Ce petit événement, c’est la démission brutale du directeur général du Medef, c’est la principale organisation qui représente les entreprises. Ce directeur général, qui s’appelle Jean-Charles Simon, a claqué la porte parce qu’il n’arrivait plus à travailler, dit-il, en confiance avec Laurence Parisot. Dans l’entourage de Laurence Parisot, autre version ; on dénonce la perte de sang froid d’un homme certes brillant mais trop jeune, 39 ans, pour occuper un tel poste. Les noms d’oiseau volent. Evidemment, ce micro-événement n’aurait aucun intérêt sans un contexte spécial. 1 - C’est le troisième “ DG ” du Medef depuis 2008 ; 2 - juste avant Noël, une fédération professionnelle importante, celle de l’agroalimentaire, a quitté avec fracas le Medef ; 3 - l’organisation entre en campagne électorale pour élire ou réélire son patron. Alors, que se passe-t-il ?Difficile de se prononcer sur les raisons exactes du “ clash ” d’hier. Mais ça finit par faire beaucoup de signes de tension. En réalité, il se passe que si Laurence Parisot n’a pas un mauvais bilan, les critiques montent. Côté face, le bilan : avec elle, ou depuis qu’elle est là, les entreprises ont obtenu la mort de la taxe professionnelle et l’introduction de la rupture “ à l’amiable ” du contrat de travail. L’image du Medef a changé dans l’opinion, il a dénoncé les parachutes dorés scandaleux, et il s’intéresse aux sujets de société. Côté pile, les critiques. Ses détracteurs lui reprochent d’avoir un management très personnel – elle n’est pas la seule - , d’avoir été très absente depuis la crise – c’est plus sérieux et assez vrai - et de ne pas être très écoutée des syndicats et gouvernement. Je cite un grand patron : “ entre Sarkozy et la CGT, il n’y a personne ! ”. Tout cela créé un climat assez lourd. Cela peut-il empêcher Laurence Parisot d’être réélue ?Jusqu’à présent, il était évident qu’elle serait réélue dans un fauteuil. La donne change-t-elle ? Elle a le soutien de la base, très légitimiste, de quelqu’un comme Michel Pébereau, très influent. En face, l’Union des industriels, la fameuse UIMM mais qui est repartie sur de vraies nouvelles bases avec Frédéric Saint-Geours, un dirigeant du groupe PSA, aimerait trouver une autre solution et menace vaguement de faire scission. Mais il n’y a pas d’autre candidat déclaré. On parle de Xavier Fontanet, le patron d’Essilor – numéro un mondial des lunettes - , de Denis Kessler, celui du réassureur Scor, de Geoffroy Roux de Bézieu, celui de Virgin Mobile. Mais ils démentent. Donc, le plus probable, sauf nouvelle crise, c’est la réélection de Laurence Parisot. Ce climat est gênant pour le Medef, non ?Oui ! Il y a beaucoup de sujets sur la table : taxe carbone, retraites, etc. Mais il est surtout bizarre qu’aujourd’hui, on ne sache pas très bien quelle vision le patronat a du libéralisme, de la mondialisation, de la situation française, bref de tout ce qui change et ne change pas.**

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