On la croyait ringarde et passée de mode, c’est le retour de l’automobile. C’est une surprise ?

Oui, c’est une surprise. Enfin, une petite surprise. Il y a cinq ans on disait souvenez-vous quand on voyait partout dans les grands pays développés une chute des ventes de voitures neuves (on disait): c’est la crise économique et le chômage, mais c’est aussi autre chose. C’est le grand tournant, peut-être la fin d’un siècle de civilisation automobile. Les Européens, les Américains, les Japonais remplacent la voiture comme symbole de réussite, d’indépendance, par les produits high-tech. Le smart phone plutôt que la Smart, le clic plutôt que la Clio.

Et ce n’est pas vrai ?

Non, si on regarde froidement les statistiques de ventes. Aux Etats-Unis, cela vient de tomber, jamais -jamais- on n’a vendu autant de voitures neuves qu’en 2015, plus de 17 millions. En France l’année dernière a renoué avec les bonnes années, à la surprise générale, près de deux millions. Cela n’empêche pas que le covoiturage, la location entre particuliers, progressent spectaculairement aussi mais c’est troublant.

Comment réconciliez-vous ces deux approches ?

A court terme, le mieux économique aux Etats-Unis et l’arrivée sur le marché européen et français de nouveaux modèles y sont pour beaucoup. Crossovers et SUV représentent une vente sur quatre. A moyen et long terme, les constructeurs auto se révèlent être des gros malins. La voiture paraît ringarde et c’est le numérique qui a la cote. Les testostérones se sont déplacées vers les écrans plats. Qu’à cela ne tienne. L’avenir de la voiture et la communication sur la voiture sont orientés 100% révolution digitale, qui entre dans l’habitacle et sous le capot. On ne voit que la bagnole au salon high-tech de Las Vegas, depuis hier. Le GPS c’est déjà vieux ; Voilà l’aide au parking, le freinage assisté, le dispositif anti-endormissement, la conduite autonome (en clair sans pilote) dans cinq ans, le véhicule électrique. L’offensive des constructeurs poursuit donc deux buts. Ne pas laisser à Google le monopole de l’innovation et séduire les clients. Pour l’auto, c’est un nouveau départ. J’ajouterai quand même : sur la mort de la voiture, on a raisonné comme d’habitude en regardant les urbains bobos, et pas ceux qui ont vraiment besoin d’un véhicule.

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