Le conseil national de la productivité a comparé les plans d('urgence et relance en Europe. Il serait moins élevé en France qu'ailleurs - ce que Bercy conteste formellement.

Combien a couté le "quoi qu'il en coûte" français ?
Combien a couté le "quoi qu'il en coûte" français ? © Getty / Orbon Alija

Depuis des mois, on compare tout : le nombre de contaminations au virus, de décès et maintenant de personnes vaccinées. Du coup, des économistes se sont dit : et pourquoi pas nous ? Ils se sont mis à comparer les plans d’urgence et de relance économique en Europe. 

Une Commission représentant plusieurs courants de pensée (OCDE, OFCE etc.) a travaillé sous la houlette de Philippe Martin.

Et que conclue-t-elle ? 

Surprise : la France a moins dépensé que la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni, et sur quoi ? Sur le chômage partiel, les aides aux entreprises et à certains secteurs. C'est une conclusion étonnante : au printemps dernier, Emmanuel Macron avait dit qu’il protégerait les Français « quoi qu’il en coûte » et c’est vrai qu’on a du mal à croire que l’Allemagne a ouvert plus largement son portefeuille. 

En France, une enveloppe égale à 7,6% du PIB, l’Allemagne à 8,4%.

Alors, pour l’anecdote, le gouvernement n’est pas content du tout, et Bercy conteste les calculs pour dire : mais si, on a dépensé plus que les autres pays. Si je me lâchais, je dirais : on est chez les fous, c’est Bercy qui revendique être en haut de l’affiche dépensière ! 

Mais je ne vais pas me lâcher. 

Bon, une fois le diagnostic posé, deux explications sont possibles

Un : le gouvernement a été effectivement moins généreux. Et c’est vrai quand on compare avec l’Allemagne : les petites et moyenne entreprises y ont été bien davantage soutenu qu’en France. Mais il y a aussi un contexte politique : dès que l’on aide les entreprises ici, il y a souvent un tollé. 

Et la seconde explication ? Elle n’est pas avancée par les économistes mais le gouvernement a manifestement tenu compte de la situation des finances publiques. La France est entrée dans la crise, fin 2019, avec le déficit public déjà le plus élevé de l’Union européenne ou presque. C

ette année, ce déficit  sera au même niveau qu'en Italie et en Espagne, mais voilà il part de moins loin.

Surtout, Bercy s’inquiète du fossé avec les pays du Nord de l’Europe y compris l’Allemagne, avec lesquels l’écart sur la dette publique se creuse. Bref, le quoi qu’il en coûte, ici, n'a pas été radin, il a buté sur un mur, celui de notre passif en la matière.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter