Le référendum britannique a effectivement eu lieu jeudi il y a pile deux semaines.

Alors, qu’avons-nous sous les yeux ? Une fébrilité des marchés financiers, avec la crainte d’une explosion brutale de la bulle immobilière qui se propagerait aux banques. Depuis 2007, on sait que ce n’est pas bon : l’effet domino peut finir par faire vaciller toute l’économie. C’est possible, il faut attacher sa ceinture, mais comparaison n’est forcément raison, difficile de lire dans les eaux de la Tamise.

En revanche, il s’est passé plusieurs choses qui, mises bout à bout, dessinent un puzzle, celui d’une Europe à la carte, où chacun fait ce qui lui plait et reprend ses billes. On a envie de mettre cela dans la colonne négative. Que voit-on ? 1 - La France a décidé qu’elle pourrait ne pas appliquer la directive sur les travailleurs détachés qui ne lui convient pas dans sa version actuelle. Ne pas appliquer de son propre chef un texte négocié et accepté au niveau européen, c’est une première. 2 - Les Hongrois ont annoncé leur intention d’organiser un référendum pour ne pas appliquer le plan de répartition des réfugiés décidé, là encore, au niveau européen par les Vingt-huit. 3- Pour la première fois, l’entrée en vigueur d’un accord commercial, entre le Canada et l’Union européenne, négocié au niveau européen, dépendra de sa ratification par chacun des 28 Parlements ; si un seul d’entre eux dit non, pas d’accord du tout. C’est un changement radial de perspective. Dans les trois cas, ce sont les nations qui reprennent la main, mais cela détricote le tissu européen.

Mais il y a aussi du bon...

C’est une information des Echos, l’Europe devrait annoncer aujourd’hui qu’elle durcit nettement ses sanctions contre le dumping chinois et russe sur l’acier. Ces pays inondent l’Europe d’acier pas cher qui met à terre les producteurs du continent. Des droits de douane élevés et rétroactifs vont être imposés, l’Allemagne n’a pas réussi à s’y opposer. Comme les Etats-Unis, l’Europe montre ses muscles, c’est peut-être un bon début et le Brexit n’y est pas pour rien. Autre point positif, on le dit avec le sourire, le Brexit change un peu la France, qui se met, sinon à aimer la finance, du moins à avoir une relation une relation normale avec elle. La venue d’un Premier ministre, en l’espèce Manuel Valls, aux Rencontres financières de Paris était hier une première absolue. Il était là pour dérouler le tapis rouge aux entreprises britanniques qui voudraient venir ici. Quatre ans après, le Brexit balaye le discours du Bourget.

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