Nicolas Hulot a donc présenté hier son plan Climat, avec ses 23 axes mais peu de mesures concrètes.

Je ne sais pas si Nicolas Hulot apprécierait l’image, mais il a réussi à lancer une formidable campagne de publicité. Son opération Climat nous a offert de belles images, de belles phrases chocs et une belle visibilité en plaçant la France en pole position sur le sujet. Au plan international : juste avant le sommet du G20 de Hambourg, en Allemagne, Emmanuel Macron s’affiche comme un des leaders de la lutte contre le réchauffement, avec l’Allemagne et la Chine, face à Donald Trump. Ensuite en France, Hulot, avec sa popularité au zénith, est parfait pour porter un sujet peu évoqué par le président dans sa campagne. Les éléments de que l’on appelle la punch line sont faciles à retenir. 1- On ferme les dernières centrales à charbon d’ici 2022. 2- Les voitures neuves à propulsion uniquement thermique (essence ou diesel) ne pourront plus être vendues après 2040 : on retiendra la date. Cela tombe bien, les industriels ne hurlent pas, ils sont au contraire contents de cette pub pour l'électrique, ils aiment la prévisibilité -on évoquait le cas de Volvo hier qui s'engage, lui, pour 2019- et constatent que c’est une échéance tout de même lointaine 3- Une prime pour aider à acheter des voitures plus propres y compris d’occasion -c’est nouveau. Bref, c’est ambitieux, bien packagé, comme on dit, même si cela n’est guère précis. Cela mérite d'être salué parce que cette transition écologique est nécessaire et économiquement porteuse d’innovations.

Mais, dans toute publicité, il y a ce qui est écrit en bas en tous petits caractères.

Exactement. Passons sur ce qui devra être précisé : les voitures hydrides sont-elles considérées comme électriques ? Quid des véhicules utilitaires et des poids lourds ? Détails ! Mais le vrai codicille concerne la fiscalité. Bien avant 2040, et cette fois dès les prochains mois ou les toutes prochaines années, ce sont des hausses d’impôts qui se profilent : sur le diesel -c’est certain et annoncé-, sur les transporteurs et les camions -c’est dans l’air avec le retour de la taxe poids lourds qui est à l’origine à la fois des fameux portiques aujourd’hui ridicules sur les routes et des bonnets rouges. Mais en face où sont les baisses ? murmure déjà un pays assommé par six ans de prélèvements en rafales. Voilà ce que l’opinion risque de retenir et aura raison de retenir. La meilleure publicité du monde ne peut pas mentir sur ce qu’il y a vraiment à l’intérieur du produit.

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