Le ministère de l’Education va alléger le programme d’économie de seconde. C’est un sujet polémique. Pourquoi? Parce que sur les cinq thèmes imposés jusqu’à maintenant pour les élèves de seconde, l'un est retiré, celui intitulé "marchés et prix". Le seul qui comporte le mot marché. Du coup, au mieux, les milieux économiques y voient un acte manqué, au pire, une volonté délibérée et, à leurs yeux, idéologique.

Reprenons, de quoi s’agit-il? A la demande des enseignants de sciences économiques et sociales, le ministère a accepté que le programme soit allégé, parce que en une heure et demie par semaine, impossible de faire tout ce qui est prévu. Un arrêté en ce sens sera bientôt publié. En seconde, il s’agit d’une matière optionnelle, mais choisie par plus de huit élèves sur dix.

Quel est le problème –si problème il y a ? Depuis 2010, il y avait cinq têtes de chapitre obligatoires au programme : ménages et consommation; entreprise et production; formation et emploi; individus et culture; et marchés et prix, qui passe donc à la trappe. Pourquoi? "Trop compliqué", selon le Ministère. Court comme explication ! Ici, pas question de dire que le programme de seconde fait l’impasse sur l’économie réelle: les élèves entendront bien parler des entreprises. Mais pourquoi diable préfère-t-on, dans un cours d'économie, garder la culture, abordée ailleurs (en cours de français), plutôt que l’étude des mécanismes de l’offre et de la demande, quand même le cœur de l’économie ? La disparition du mot "marché" n’est peut-être rien, mais cette omission va creuser le fossé d'incompréhension qui existe déjà entre le monde économique et l’Education nationale.

Ce qui est enseigné à des élèves de quinze ans ne mérite pas une guerre. Rendons d'abord hommage aux enseignants de sciences économiques et sociales, puisque nous partageons la même passion. Nous en recevons souvent aux Echos , et je crois vraiment que le contenu de l’enseignement est moins caricatural qu’il y a quinze ou vingt ans. Reste que le problème est que la majorité des élèves de Première et Terminale n'ont jamais de cours d'économie. Et que la pente est toujours de privilégier la macro-économique par rapport à la micro-économie, celle de l’entreprise, et que domine une ligne de pensée intellectuelle disons colberto-keynésienne. Rien d'original malheureusement : c'est celle de la France.

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