Votre journal , Les Echos , a déniché une étude du ministère de l’Education nationale qui fait, pour la première fois, le point précis sur les salaires des enseignants.

C’est un sujet qui fait souvent polémique parce que jusqu’à maintenant, on y voyait pas très clair. Et donc, la rue de Grenelle a réalisé une opération de transparence – vertueuse, bravo – sur les revenus des 840.000 enseignants. L’étude est disponible (mais un peu cachée) sur le site Internet du ministère. Jusqu’à maintenant, officiellement, il n’y avait que des salaires d’enseignants-types, fictifs, pas des « vrais ». Pour la première fois, on a de vraies moyennes, des médianes, des écarts selon l’âge avec les plus hauts et les plus bas. Sautons tout de suite aux deux conclusions avant de regarder cela dans le détail : les enseignants ne sont pas très bien payés, et il y a des écarts entre eux bien plus importants qu’ils ne le croient eux-mêmes.

D’abord, regardons la moyenne des salaires…

On va parler en salaire net, y compris les primes, les heures sup etc. bref, ce qui est versé. Le salaire net moyen des enseignants donc, toutes catégories confondues, est de 2.470 euros par mois (sur douze mois). C’est plus que le salaire moyen français, mais compte-tenu de la qualification, c’est peu. C’est ce que disent les études internationales.

Mais le plus intéressant, ce sont les écarts, les différences…

Quelle est la hiérarchie salariale dans l’éducation ? Dans le primaire, un professeur des écoles gagne en moyenne 2.200 euros nets ; ensuite, on a les certifiés, à près de 2.600 euros. Puis, nous avons les agrégés, à 3.500 euros. Et enfin, les profs de classe préparatoire aux grandes écoles, à 5.800. Alors, ça, ce sont des moyennes. Si on fouille, on voit que les 10% les moins payés du système, les enseignants du primaire de moins de 30 ans, perçoivent -en moyenne là encore- 1.650 euros nets. A l’inverse, les 10% les mieux lotis chez les agrégés affichent 4.400 euros nets et chez les profs de prépas, c’est plus de 7.000 euros – ce qui veut dire que la barre des 10.000 euros peut être franchie. Je le signale parce qu’il y a un certain temps, on avait donné ces chiffres, et j’avais reçu plus de trois cents commentaires assurant que c’était impossible avec des photocopies de feuille de paie !

Il y a aussi une dispersion des revenus à l’intérieur de chaque degré et chaque corps.

Là, pas de vrai mystère, c’est lié à l’âge. Entre un début et une fin de carrière, la progression est de 40% dans le premier degré et de 60% dans le second.

Y-a-t-il une conclusion « politique » à en tirer ?

Il n’y a personne à montrer du doigt. Mais on voit que le mythe de l’unité du corps enseignant est un ... mythe, c’est faux. Mais bien caché par des intérêts catégoriels dont sont victimes les métiers réputés féminins – le primaire. Au-delà, on se dit qu’il aurait peut-être mieux valu revaloriser les enseignants plutôt qu’en embaucher 60.000. Mais on va laisser Benoît Hamon tirer les conclusions.

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