Vous revenez ce matin sur le débat qui est reparti depuis dix jours sur la rémunération des dirigeants de grandes entreprises.

Oui, les rémunérations de Carlos Ghosn, chez Renault, de Franck Riboud, chez Danone, ou c’était hier, de Philippe Varin, l’ex-patron de PSA, ont fait débat - comme on dit. Ce qui est intéressant, c’est un : que la pression des actionnaires se renforce vers davantage d’exigence, en tous cas sur le lien entre rémunération du dirigeant et son résultat personnel et ceux de l’entreprise. Tant mieux. Et deux : il y a toujours une forte incompréhension de la façon dont ce type de revenus sont fixés.

Alors, un tout petit rappel des faits, quand même...

Chez Renault et Danone, les actionnaires n’ont voté qu’à une courte majorité les rémunérations des patrons, qui atteignent à chaque fois, on le sait, quelques millions d’euros. Et cette moue des actionnaires, c’est nouveau. Et on vient d’apprendre, donc, que Philippe Varin, qui a dirigé PSA cinq ans, va toucher 300.000 euros par an de retraite chapo, de retraite supplémentaire, sa vie durant. Alors écartons un procès accessoire. Il n’avait nullement dit il y a quelques mois qu’il y renoncerait, il avait seulement démenti un chiffre farfelu. En réalité, il percevra moitié moins que prévu.

Bon, ces chiffres sont de toute façon considérables.

Ils le sont et, je le disais, sont incompréhensibles pour la majorité des Français qui peuvent se demander ce qu’ils font tous de leur argent ! Chacun a son avis sur cette démesure -c’est le mot- qui s’est installée depuis vingt ans dans tous les pays du monde. Mais en même temps, une fois que l’on a dit cela : et après ? Il n’y a rien d’illégal, les entreprises sont privées, et elles déroulent le tapis rouge pour attirer et garder certaines personnalités. Philippe Varin a probablement sauvé PSA en lançant la 208, la 308 et la 508, il a trouvé un partenaire, a écarté la famille Peugeot comme il le fallait. Les représentants des syndicats dans les organes d’administration ne votent d’ailleurs pas contre ces montants.

Stéphane Le Foll a évoqué des décisions inacceptables.

Mais cette nuit, Emmanuel Macron a soutenu courageusement Varin… Mais que Le Foll, lui, dise aussi que les revenus des sportifs, des acteurs, sont inacceptables, quand ils remportent des succès comme quand ils essuient des échecs. La tolérance politique et médiatique pour les uns et l’intolérance pour les autres est étrange. Oui, il y a de la démesure, pas de doute, mais partout.

Mais alors, y a-t-il des solutions?

Un regard des actionnaires plus exigeant, c’est bien. Le principe des retraites chapo est contestable ; quand on est parti on est parti, il vaut mieux un chèque. Enfin, si on a un conseil de com à donner aux patrons, c’est qu’ils communiquent aussi sur ce qui leur reste une fois les impôts payés. Stéphane Richard, le patron d’Orange, est le seul à le dire. Son salaire brut est de 1,1 million d’euros, il lui reste 400.000 euros après impôts. C’est beaucoup, mais c’est moins que beaucoup pensent.

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