Hier, Jean-Marc Ayrault a présenté son Nouveau Grand Paris, le Grand Paris, version de gauche, avec son budget, son calendrier et son tracé des métros. Ca y est, le projet est parti ?

Oui, c’est parti, c’est reparti. C’est d’ailleurs le premier intérêt, purement politique, de ce qui s’est passé hier. Depuis huit mois, le gouvernement a surtout utilisé la gomme et l’effaceur d’encre pour défaire ce qu’avait fait Nicolas Sarkozy. Là, avec le Grand Paris, il est dans la continuité. Grosso modo, il y a un accord. Cela étant, Jean-Marc Ayrault n’est pas allé jusqu’à prononcer le nom de Nicolas Sarkozy, ça aurait été trop ! Voilà pour la politique. Sur le fond, le gouvernement a raison d’y aller. Le calendrier est tout de même étalé, non ? Tout sera terminé, promet-on, en 2030 en non pas en 2025. Le coût, sous-estimé par l’équipe précédente, a été réévalué, presque 30 milliards. Il y a aussi un recentrage sur les transports, avec les super métros, automatiques, 200 kms de plus, soit autant qu’aujourd’hui, et 72 stations. Le sujet, ce n’est pas de faire Shanghai sur Seine, avec des tours géantes. Le sujet, c’est de répondre à l’impatience des usagers des banlieues, qui n’en peuvent plus. C’est légitime ? Totalement à condition de ne pas oublier l’économique. Vous savez, les grandes métropoles régionales, Lyon, Lille, Nantes (avec Ayrault) ont fait des efforts énormes pour se moderniser, s’organiser. L’Ile-de-France, 12 millions d’habitants, n’a pas eu de grand projet d’aménagement depuis longtemps. Il y a eu les villes nouvelles, les RER A et B, La Défense, le quartier de la Grande Bibliothèque et de Bercy, mais cela commence à dater. Les problèmes de distance, de logement, mais aussi le trop petit nombre de pôles économiques, scientifiques à 10 - 20 - 30 kms de Paris, sont posés. Oui, c’est un projet mobilisateur. A condition que ce projet, il se fasse ? Il y a, en période de disette budgétaire, une incertitude sur le financement. L’argent vient, là, de taxes sur les entreprises et les particuliers, regardez votre taxe d’habitation, quelques dizaines d’euros pour le Grand Paris. Et puis on parle d’une hausse des amendes de stationnement. Cela invite à une réflexion : on a un mal fou à trouver 30 milliards sur vingt ans, alors que le Budget de l’Etat, c’est 300 milliards chaque année. Les frais ordinaires sont si lourds qu’ils interdisent les investissements. A cause de cela et des blocages, l’A86, la boucle qui fait le tour de Paris, a eu 32 ans de retard ! Pour finir, vous pensez qu’il y a un vrai absent dans le projet d’hier Oui. C’est la liaison directe, correcte, entre le centre de Paris et les aéroports, Orly et Roissy. Jean-Marc Ayrault dit d’ailleurs que çà ne va pas, en qualité, en rapidité, par rapport à ce qu’offrent les grandes capitales. On va le dire : pour les millions de passagers qui viennent à paris, c’est minable voire honteux. Or, rien n’est prévu ... Faute d’argent, c’est renvoyé à une commission. Bref, à la Saint Glinglin. Je vous cite une plaisanterie prêtée au patron de la SNCF lui-même : quand on va de Berlin à Paris, quand on arrive à Roissy, on a déjà fait la moitié du chemin ! Parole d’expert.

L'équipe

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.