Les candidats à la présidentielle ont passé leur grand oral devant les petites et moyennes entreprises...

C’est une tradition, l’organisation qui regroupe les PME, la CPME - nouveau nom de la CGPME-, reçoit les candidats à chaque élection. Hier, ont planché Marine Le Pen, Emmanuel Macron et François Fillon. Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon étaient invités, mais ils ne sont pas venus. C’est un moment important : il y a 1,5 million de PME en France. Qu’en retenir ? Les candidats ont promis monts et merveilles pour simplifier la vie, alléger les contraintes et les charges des entreprises. Mais sur des registres différents, c’est cela qui est intéressant. Marine Le Pen a fustigé le CAC40, la finance. Elle marche sur la corde raide parce que le FN a tourné le dos à la tonalité poujadiste de son père, son axe est plus social, donc moins tourné vers les entreprises. Du coup, elle a défendu la sortie de l’euro, en répétant quelque chose qui est factuellement très énervant à entendre. Elle (et d’autres) répètent en permanence (je la cite) qu’ « on nous prédisait la catastrophe avec le Brexit et que cette catastrophe n’est pas arrivée ». Il faut dire et redire que le Brexit n’a pas encore eu lieu, donc il ne s’est rien passé, on verra dans deux ans au plus tôt. Passons. Pour le reste, les projets de Fillon et Macron sont proches : baisse de l’impôt sur les bénéfices, disparition totale ou partielle de l’ISF, négociations sociales dans l’entreprise, y compris la suspension du compte pénibilité chez Macron. Ce qui est nouveau. La différence clé porte sur les 35 heures : Fillon les fait sauter, Macron les garde comme durée légale.

Ces tournées dans les organisations professionnelles sont-elles utiles ?

C’est vrai, que les mêmes candidats sont allés ces dernières semaines devant les travaux publics, les professionnels de la communication et cela va continuer. C’est à la fois une bonne chose : on a besoin de détails et rien ne vaut des questions de professionnels, et une chose bizarre : on demande à des présidents de discuter avec Trump et Poutine, pas le montant du dégrèvement reversé au fonds de péréquation de la TVA sur les outils de jardin ! Mais surtout, ils viennent dire à chaque fois ce que chacun veut entendre. Ainsi, François Hollande avait promis le 2 avril 2012 une «stabilité fiscale, législative et réglementaire» s’il était élu. Libre à chacun de les croire.

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