Ce matin : la chute de la maison Lego.

Briques Lego
Briques Lego © AFP / Zhong Zhenbin / Anadolu Agency

Pourquoi parler de cette entreprise danoise dont les petites briques colorées qui s’emboîtent ont créé une des marques les plus connues au monde ? Parce que Lego fait face, comme tant d’autres, aux formidables défis de la révolution numérique. Beaucoup d’activités sont prises dans le vent de la transformation digitale, mais elles ne sont pas si nombreuses qui se posent la question : demain, existerons-nous encore ? 

Demain, on vendra encore des voitures -même bourrées de numérique jusqu’au pare-choc-, on vendra encore des voyages en avion, on fabriquera encore de l’information et on achètera encore des machines à laver. Mais les enfants joueront-ils encore au Lego alors que les tablettes et les smartphones tendent des bras si séduisants ? 

Hier, Lego, créé en 1932, un des grands du jouet sur tous les continents, a annoncé une baisse de son chiffre d’affaires de 7 % l’an dernier. Après dix ans de succès incroyable, c’est un choc. Si quelques facteurs techniques expliquent cette dégringolade, la concurrence des jeux vidéos est féroce. Un nouveau PDG a été appelé à la rescousse il y a quelques mois pour avoir des idées digitales. 

Création d’applications pour que les enfants partagent leurs constructions sur les réseaux sociaux ; lancement de Lego Boost, un kit de 840 pièces connectées en Bluetooth à une appli, les constructions s'animant après avoir été codées par les enfants (quand même) ; robots et bien sûr partenariats en urgence avec des Chinois. 

Cela va-t-il marcher ?

L’entreprise n’a pas intérêt à se tromper, elle a vendu autour de 20 milliards de briques l’an dernier (la moitié de la distance d'ici à la lune), il y en a des milliers de différentes, et chaque moule peut valoir des centaines de milliers d'euros. Mais naturellement l’équilibre entre le jouet physique qu’il faut garder parce que les familles y tiennent, et le digital qui submerge tout, cet équilibre est inconnu. Faut-il tirer vers Minecraft ? Faut-il par ailleurs se diversifier ou se concentrer sur un seul produit ? 

Bref, une seule erreur de positionnement et ce sont des milliers d’emplois qui risquent de disparaître, 2000 ont déjà quitté l’entreprise ces derniers mois. Dans cette chronique, on parle souvent de politique économique et de macro-économie  mais ce ce matin, on avait envie dc rendre hommage aux entrepreneurs et à leurs salariés qui cherchent tous les jours la lumière au bout du tunnel et qui prennent des risques.

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