L’Insee vient de publier une nouvelle photographie du marché du travail qui réserve quelques surprises…

Et d’abord une bonne nouvelle : la part des salariés en CDI a augmenté en 2018, alors qu’elle s’érodait depuis dix ans. Bon, la hausse est infime, 0,1%, mais elle est hautement symbolique. Parmi les quelque 24 millions de salariés, près de 85% étaient en contrat à durée indéterminée l’an dernier. La part des CDD, un peu plus de 10%, recule légèrement, et l’apprentissage retrouve des couleurs. Le CDI n’est donc pas en voie de disparition, pas plus que l’emploi salarié du reste : la part des indépendants reste stable. On voit aussi que la proportion de temps partiels baisse un peu. Bref, c’est une photographie qui relativise le sombre tableau qui est souvent fait.

Alors la première explication, c’est la difficulté des entreprises à recruter. Pour attirer, il vaut mieux proposer un CDI. Le gouvernement y voit aussi le fruit de sa politique : depuis les ordonnances Pénicaud, les PME, en particulier, auraient moins peur d’embaucher. 

Mais comment expliquer, dans le même temps, l’explosion des contrats courts ?

Ce qui se passe, c’est que la part des salariés en CDD est relativement stable, mais la durée de leur contrat se raccourcit. Elle a été divisée par deux en moyenne depuis quinze ans. Et on a vu, c’est vrai, se multiplier les contrats d’une journée, dans certains secteurs en particulier, comme la restauration ou le nettoyage. La ministre du Travail le dit elle-même : « on a réinventé les journaliers ». En clair, la polarisation du marché du travail persiste voire s’aggrave, entre d’un coté des salariés bien protégés et de l’autre des plus précaires. Et ça c’est très problématique pour Emmanuel Macron, qui a fait de la réduction de ces écarts une priorité.

D’où son insistance pour un bonus malus sur les CDD…  

Oui le chef de l’Etat y tient mordicus, en dépit des réserves de Matignon. Dans la réforme à venir de l’assurance-chômage, la priorité du gouvernement va être de lutter contre ce que l’on appelle la permittence, c’est-à-dire la succession de contrats très courts, entrecoupés de périodes d’indemnisation. Et ça passera, outre un éventuel bonus-malus, par une révision du barème des allocations. Révision qui représentera la plus grosse part du milliard d’euros d’économies visées.

Un dernier indicateur intéressant à la veille de la journée des droits des femmes : l’écart de taux d’activité avec les hommes a continué de se réduire l’an dernier, il est tombé à 9 points contre 12 points, il y a dix ans. L’évolution est loin d’être aussi nette sur les écarts de salaire.

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